Trois noms, trois affaires et une même exigence formulée par la Force Républicaine du Congo (FRC), formation membre de la Coalition Article 64 : obtenir, selon elle, des réponses suffisamment crédibles sur les décès ayant provoqué de fortes tensions dans l’espace politique congolais.
Dans une prise de position diffusée sous le titre « Nous savons comment ça s’opère ! », le FRC/C64 cite successivement Chérubin Okende, Célestin Kabasele Wampanga — également orthographié Wapanga dans plusieurs publications — et Manassé Lomboto.
Le mouvement construit ainsi un parallèle entre plusieurs morts survenues dans des contextes politiques différents et accuse les institutions de ne pas toujours produire, à ses yeux, des réponses susceptibles de convaincre l’opinion.
« Le FRC/C64 exige la vérité. Nous exigeons des enquêtes sérieuses, pas des mises en scène », affirme le mouvement.
Une distinction indispensable : le rapprochement entre Okende, Wampanga et Lomboto constitue une lecture politique du FRC/C64. Sur le plan judiciaire, les trois dossiers ne se trouvent ni au même stade ni dans la même situation : des conclusions ont été rendues dans l’affaire Okende, des condamnations ont été prononcées dans celle de Wampanga et l’enquête sur Lomboto est toujours en cours.
Chérubin Okende : des conclusions officielles toujours contestées
Chérubin Okende, ancien ministre des Transports et porte-parole d’Ensemble pour la République, avait été retrouvé mort dans son véhicule à Kinshasa le 13 juillet 2023.
Après plusieurs mois d’investigations auxquelles avaient participé des experts nationaux et étrangers, le parquet général près la Cour de cassation avait annoncé, le 29 février 2024, que les expertises concluaient à un suicide par arme à feu.
Le procureur général Firmin Mvonde avait notamment indiqué que l’autopsie et les investigations criminelles avaient retenu l’hypothèse d’une balle auto-infligée à la tempe.
Ces conclusions n’avaient toutefois pas mis fin à la controverse. La famille de l’ancien ministre et plusieurs responsables de l’opposition avaient publiquement contesté la thèse du suicide.
En avril 2024, la famille avait même déposé une nouvelle plainte auprès du parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, affirmant disposer d’un élément nouveau qu’elle souhaitait voir examiner.
Dire que l’affaire n’a jamais fait l’objet de conclusions serait donc inexact. En revanche, constater que ces conclusions n’ont pas convaincu la famille et plusieurs acteurs politiques correspond à l’état public du dossier.
Wampanga : neuf condamnations, mais une autre accusation restée au cœur de la controverse
Le deuxième nom évoqué est celui de Célestin Kabasele Wampanga, cadre de l’UDPS, décédé en juin 2025 après une violente agression à Kinshasa.
Cette affaire a, contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture globale de la déclaration du FRC/C64, déjà abouti à un jugement pénal concernant les auteurs matériels poursuivis.
Le 10 juin 2025, le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Matete a reconnu neuf prévenus coupables de meurtre et les a condamnés à la peine de mort. Deux autres prévenus ont été acquittés.
La procédure n’avait toutefois pas éteint toutes les interrogations politiques entourant l’affaire. La famille de Wampanga avait parallèlement déposé une plainte au parquet général près la Cour de cassation visant Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, qu’elle accusait d’avoir commandité l’agression.
Kabuya a contesté son implication. Le tribunal de Matete avait d’ailleurs précisé qu’il n’était pas saisi contre lui, mais uniquement contre les prévenus traduits devant sa juridiction.
Une autre version, publiée après le drame, attribuait l’agression à un conflit autour de l’implantation d’un marché à Kingabwa et mettait directement en cause un groupe conduit par un homme présenté sous le surnom d’Otondo, sans établir de lien avec le secrétaire général de l’UDPS.
Ainsi, si le meurtre lui-même a donné lieu à des condamnations, la controverse sur l’existence éventuelle d’un commanditaire politique relève d’accusations distinctes et ne peut être présentée comme judiciairement établie.



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