BENI, NORD-KIVU — La Coordination urbaine de la Société civile Forces vives de Beni appelle la population à observer une journée ville morte lundi 14 septembre 2026, sur fond d’une vive inquiétude suscitée par la multiplication des assassinats dans cette ville, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu.
L’appel, lancé dans une déclaration de cette structure citoyenne, vise à exprimer l’indignation de la population face à une situation sécuritaire jugée de plus en plus préoccupante et à pousser les autorités à renforcer les dispositifs destinés à protéger les habitants et leurs biens.
Selon la Coordination urbaine de la Société civile, 11 personnes auraient été tuées par armes à feu et deux autres par armes blanches depuis le début de l’année dans la ville de Beni. Ces chiffres sont avancés par la structure citoyenne et n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’un bilan officiel consolidé rendu public par les autorités.
Lieu : Beni, Nord-Kivu
Mobilisation : journée ville morte
Date : lundi 14 septembre 2026
Initiateur : Société civile Forces vives de Beni
Motif : recrudescence des assassinats et de la criminalité urbaine
Une succession de meurtres ravive l’inquiétude
L’appel à la mobilisation intervient dans un contexte marqué par plusieurs assassinats enregistrés ces derniers jours à Beni.
Jeudi 10 septembre, trois personnes ont été tuées par balle au quartier Butanuka, dans la commune de Beu. Parmi les victimes figuraient un couple et une troisième personne qui se trouvait sur les lieux au moment de l’attaque.
Les autorités locales ont également fait état de blessés au cours de cette fusillade. Les services de sécurité ont annoncé l’ouverture d’investigations destinées à identifier les auteurs et à déterminer les circonstances exactes de l’attaque.
Ce triple meurtre a provoqué une nouvelle vague d’émotion dans la ville, où des acteurs de la Société civile dénoncent depuis plusieurs semaines une montée de la criminalité urbaine.
Un nouvel assassinat signalé samedi
Dans sa déclaration, la Société civile évoque également l’assassinat de Muhindo Moïse, présenté comme ayant été tué dans la matinée de ce samedi 12 septembre.
La structure citoyenne inscrit ce nouveau cas dans ce qu’elle considère comme une succession inquiétante d’homicides visant des habitants de la ville.
Ces différents événements nourrissent un sentiment croissant d’insécurité parmi une partie de la population, alors que les représentants de la Société civile réclament des réponses plus visibles de la part des autorités politiques, administratives et sécuritaires.
« La ville de Beni est en danger ! », alerte Me Paluku Kavota Pépin, président de la Coordination urbaine de la Société civile Forces vives.
Une ville morte pour interpeller les autorités
La journée ville morte annoncée pour lundi doit se traduire, selon les organisateurs, par une suspension des activités afin d’exprimer collectivement le mécontentement face à la détérioration de la situation sécuritaire.
À travers cette action, la Société civile entend notamment appeler les autorités à prendre des mesures urgentes pour réduire la criminalité, identifier les auteurs des assassinats et renforcer la protection de la population.
Cette forme de mobilisation est régulièrement utilisée par les organisations citoyennes dans l’Est de la République démocratique du Congo pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur une situation sécuritaire ou sociale considérée comme urgente.
La Coordination urbaine présente l’action de lundi comme une mobilisation pacifique destinée à faire entendre la voix des habitants, sans appel à la violence.
La mobilisation coïncidera avec des obsèques
La journée du lundi 14 septembre devrait également coïncider avec les obsèques de Mumbere Muhongya Kalepa et de son épouse, victimes de la fusillade survenue jeudi dans la commune de Beu.
Le drame a particulièrement marqué les habitants de Butanuka. Le couple faisait partie des trois personnes tuées lors de l’attaque armée enregistrée en début de soirée.
Selon des informations concordantes publiées après les faits, M. Kalepa exerçait comme changeur de monnaie. Des hommes armés ont ouvert le feu alors que les victimes se trouvaient à proximité de leur résidence. Une troisième personne a également perdu la vie.
Au-delà du deuil des familles, cette attaque est désormais devenue l’un des symboles de l’inquiétude grandissante autour de la criminalité dans la ville.
Les enquêtes au cœur des attentes
Après le triple assassinat de jeudi, les autorités locales ont indiqué que les services de sécurité étaient mobilisés afin de retrouver les responsables.
Mais pour la Société civile, les enquêtes ne devraient pas seulement être annoncées : elles doivent aboutir à l’identification des auteurs et à des poursuites, tout en étant accompagnées de mesures préventives capables de réduire le risque de nouvelles attaques.
La question de la circulation des armes, de la capacité des services de sécurité à prévenir les crimes et de la surveillance des quartiers figure désormais au centre des préoccupations exprimées par plusieurs acteurs locaux.
À ce stade, les motivations précises des attaques récentes restent à établir et aucune responsabilité ne peut être attribuée sans les résultats des investigations.
Beni confrontée à une double pression sécuritaire
La situation de Beni présente une particularité : la ville et son territoire sont depuis de nombreuses années confrontés aux conséquences des violences armées dans l’Est de la RDC, tandis que les habitants dénoncent parallèlement une criminalité urbaine commise au cœur même de l’agglomération.
Cette distinction est importante. Toutes les violences enregistrées dans la zone ne peuvent être automatiquement attribuées aux groupes armés actifs dans la région. Dans plusieurs affaires récentes en ville, les auteurs sont décrits comme des hommes armés ou des bandits dont l’identité et les motivations restent à déterminer.
C’est précisément sur cette criminalité urbaine que les organisations citoyennes veulent aujourd’hui attirer l’attention.
La Société civile exige des mesures « urgentes »
Pour Me Paluku Kavota Pépin, les autorités doivent assumer pleinement leur responsabilité dans la protection des personnes et de leurs biens.
Le responsable de la Société civile estime que la multiplication des assassinats nécessite une réponse rapide, coordonnée et visible des services compétents.
La structure demande notamment que les auteurs des différents crimes soient recherchés et traduits devant la justice, mais également que des mécanismes de prévention soient renforcés dans les quartiers considérés comme vulnérables.
Lundi 14 septembre 2026
Une mobilisation annoncée par la Société civile Forces vives pour dénoncer la recrudescence des assassinats et réclamer davantage de sécurité.
Lundi sous surveillance
L’attention sera désormais tournée vers la journée de lundi et vers l’ampleur que prendra l’appel lancé par la Société civile.
La mobilisation pourrait avoir des conséquences sur l’ouverture des commerces, les transports et plusieurs autres activités quotidiennes si elle est largement suivie par la population.
Au-delà de la ville morte elle-même, l’enjeu principal demeure cependant la réponse des autorités aux préoccupations sécuritaires exprimées par les habitants.
À Beni, où les conséquences de plusieurs années de violences restent profondément ancrées dans la société, la multiplication de crimes commis en milieu urbain alimente une nouvelle forme d’inquiétude.
La Société civile espère désormais que la mobilisation de lundi permettra de placer la sécurité des habitants au centre des priorités et d’obtenir des mesures concrètes pour mettre fin à cette succession d’assassinats.



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