Une soirée de panique a secoué Biakato, dans le territoire de Mambasa en Ituri. Mercredi 30 septembre 2026, un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) est accusé d’avoir ouvert le feu sur plusieurs personnes dans cette importante agglomération de la chefferie de Babila-Babombi.
Les faits auraient commencé vers 17 heures aux alentours de l’hôtel La Charité. Le militaire, présenté par plusieurs sources locales comme un élément du 3203e régiment basé à Biakato, aurait d’abord tiré sur des personnes présentes dans ce secteur avant de poursuivre vers le bloc Mupanda, où d’autres coups de feu ont été signalés.
Le bilan demeure cependant à consolider. Plusieurs médias citant l’ONG APDEF Mambasa rapportent deux civils tués et plusieurs blessés. De son côté, le député provincial Gilbert Sivamwenda, élu de Mambasa, confirme au moins un décès civil et fait état de plusieurs autres personnes atteintes.
À retenir : la fusillade est confirmée par plusieurs sources locales, mais le nombre exact de victimes reste divergent. Aucune communication officielle détaillée des autorités militaires n’était disponible au moment de la rédaction.
Les premiers coups de feu signalés près de l’hôtel La Charité
Selon plusieurs récits concordants, le militaire aurait commencé par faire usage de son arme à proximité de l’hôtel et cafétéria La Charité.
Un gardien de l’établissement aurait été atteint au thorax et évacué vers une structure sanitaire. Son état était décrit comme préoccupant dans les premières informations.
Gilbert Sivamwenda indique également qu’un maçon se trouvant dans ce secteur a été touché par les tirs et a succombé à ses blessures.
Ces éléments constituent pour l’heure le décès civil le plus clairement confirmé par une source politique locale identifiée.
D’autres tirs au bloc Mupanda
Après ce premier épisode, le militaire se serait déplacé vers le bloc Mupanda, toujours dans l’agglomération de Biakato.
Il y aurait de nouveau fait usage de son arme contre plusieurs personnes.
L’APDEF Mambasa affirme que deux civils ont été mortellement atteints et qu’un enfant de 12 ans figure parmi les blessés. D’autres sources locales évoquent également un chef local et un militaire parmi les personnes touchées.
Cette diversité de versions impose de ne pas figer prématurément le bilan. Une confirmation des structures sanitaires et des autorités locales permettrait d’établir avec davantage de précision le nombre de morts et de blessés.
Un militaire ensuite rattrapé par des habitants
Après les tirs, le militaire aurait tenté de quitter les lieux avant d’être poursuivi par des habitants en colère.
Plusieurs sources rapportent qu’il a été rattrapé puis tué par la foule dans ce qui s’apparente à un acte de justice populaire.
L’APDEF condamne également cet épisode et rappelle que même lorsqu’une personne est soupçonnée d’avoir commis des faits graves, son sort doit relever de la justice et non d’une exécution par la population.
Les circonstances précises de la mort du militaire devront elles aussi être établies dans le cadre d’une enquête.
L’arme de service portée disparue
Un autre élément préoccupe les acteurs locaux : l’arme du militaire aurait été emportée après son lynchage.
Au moment des premières informations, sa localisation n’était pas connue.
La disparition d’une arme de guerre constitue un risque supplémentaire pour la sécurité locale. L’APDEF demande aux services compétents de la retrouver rapidement afin d’éviter qu’elle ne soit utilisée dans d’autres violences ou activités criminelles.
Une enquête devra aussi déterminer qui s’en est emparé et dans quelles circonstances.
Les raisons de la fusillade restent inconnues
Plusieurs publications locales présentent le militaire comme ayant été en état d’ébriété au moment des faits. Cette information n’a toutefois pas encore été confirmée par une expertise ou une communication officielle des FARDC.
Le mobile de ses actes reste également inconnu.
Il faudra établir ce qui s’est produit avant les premiers tirs, si le militaire était en service, s’il avait reçu une quelconque mission et pourquoi ses collègues n’ont pas pu ou pas eu le temps de le maîtriser avant la multiplication des victimes.
Ces questions sont essentielles pour distinguer un acte individuel d’éventuelles défaillances dans la discipline, l’encadrement ou la gestion des armes au sein de l’unité concernée.
La société civile demande une prise en charge des victimes
Ram’s Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF Mambasa, demande aux autorités de prendre en charge les soins des blessés et d’apporter une assistance aux familles endeuillées.
L’organisation plaide également pour une indemnisation des victimes, considérant que l’auteur présumé des tirs appartenait aux forces armées.
La question d’une éventuelle responsabilité indemnitaire de l’État devra cependant être appréciée selon les procédures applicables et les conclusions de l’enquête sur les circonstances de la fusillade.
Biakato déjà confrontée à un environnement sécuritaire difficile
L’incident intervient dans une zone déjà fortement affectée par l’insécurité.
En mai 2026, Biakato avait notamment été frappée par une attaque attribuée aux ADF qui avait causé de nombreuses pertes civiles et provoqué des déplacements de population.
La fusillade du 30 septembre est d’une nature différente puisqu’elle met en cause, selon les témoignages recueillis, un militaire régulier agissant individuellement.
Les deux événements ne doivent donc pas être confondus. Ils contribuent néanmoins au sentiment d’insécurité d’une population déjà exposée à l’activité de groupes armés dans la région.
Une enquête officielle attendue
Au-delà de l’émotion provoquée à Biakato, plusieurs zones d’ombre demeurent : le nombre définitif de victimes, le motif des tirs, l’état du militaire au moment des faits, les circonstances de son lynchage et la disparition de son arme.
Une communication des FARDC est également attendue pour confirmer son unité d’appartenance et préciser les mesures prises après l’incident.
La clarification du bilan revêt une importance particulière. Alors que l’APDEF évoque deux civils tués, un élu provincial confirme pour l’instant un mort et plusieurs blessés.
Dans l’attente d’un bilan consolidé, ActuNews.net retient donc qu’au moins un civil a été tué, que plusieurs personnes ont été blessées et que le militaire mis en cause est également décédé après avoir été pris à partie par des habitants.
Les conclusions de l’enquête devront désormais permettre de reconstituer précisément la chronologie de cette soirée qui a plongé Biakato dans la stupeur.



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