Quatre jours après la mort du cycliste congolais Miguel Masaïsaï dans le nord de la République du Congo, une délégation venue de la RDC poursuit les démarches destinées à établir les circonstances du drame et à organiser le retour de sa dépouille au pays.


Arrivée lundi 21 septembre 2026 à Brazzaville, la mission doit se rendre ce mardi à Ouesso, ville située dans le nord du Congo-Brazzaville et proche de la zone où s’est produit l’accident.


La délégation réunit notamment des représentants du Conseil national de la jeunesse (CNJ), du gouvernement congolais, de la famille de Miguel Masaïsaï ainsi que de la Fédération congolaise de cyclisme. Le président du CNJ, Claude Mbuyi, fait partie de la mission.


À Brazzaville, ses membres ont pris contact avec l’ambassade de la République démocratique du Congo, qui participe depuis l’annonce du décès au suivi du dossier avec les autorités congolaises.


Objectif de la mission : rejoindre Ouesso, recueillir les informations disponibles sur l’accident, suivre les différentes formalités administratives et judiciaires et avancer dans les démarches permettant le rapatriement de la dépouille de Miguel Masaïsaï en RDC.


De Brazzaville à Ouesso


Le déplacement vers Ouesso avait déjà été envisagé par la Fédération congolaise de cyclisme. Dimanche, son secrétaire général Jean-Claude Kongolo avait annoncé le départ d’une délégation vers la République du Congo, avec une première étape auprès de l’ambassade de la RDC à Brazzaville avant un éventuel déplacement vers le nord du pays.


Cette seconde étape doit permettre aux représentants congolais de suivre le dossier au plus près du lieu du drame, mais aussi d’échanger avec les autorités et les services concernés par la procédure ouverte après l’accident.


La dépouille de Miguel Masaïsaï se trouve à Ouesso depuis le décès. Dès les premières heures suivant l’identification du jeune homme, la communauté congolaise établie dans cette partie du Congo-Brazzaville et la représentation diplomatique de la RDC avaient commencé à coordonner les démarches.


L’accident survenu dans le nord du Congo-Brazzaville


Miguel Masaïsaï est décédé vendredi 18 septembre 2026 alors qu’il poursuivait son périple continental à vélo en direction du Maroc.


Les premières informations officielles ont situé l’accident dans la région d’Ouesso, sur l’axe conduisant vers la frontière avec le Cameroun. D’autres informations ont localisé plus précisément le drame à Kabos, près d’Ouesso.


Selon une source diplomatique congolaise citée après l’accident, un poids lourd aurait percuté Miguel ainsi que d’autres personnes. Cette source faisait état de quatre décès au total, dont celui du conducteur du véhicule impliqué.


Ces éléments constituent les premières informations disponibles sur les circonstances du drame. La mission congolaise doit justement permettre de suivre les procédures locales et de recueillir des informations plus complètes sur le dossier.


Identifié grâce à son passeport


La famille avait officiellement confirmé la mort de Miguel le lendemain de l’accident.


Ornella Masaïsaï, sa sœur aînée, avait expliqué avoir été contactée après que les autorités du Congo-Brazzaville avaient signalé le décès d’un athlète dans le nord du pays. Le passeport retrouvé auprès de la victime avait permis son identification.


Cette confirmation avait mis fin aux heures d’incertitude qui avaient suivi les premières informations circulant sur l’accident.


Depuis, l’une des principales préoccupations de la famille concerne le retour de la dépouille en République démocratique du Congo afin de permettre l’organisation des obsèques.


Le rapatriement au centre des démarches


La mission présente à Brazzaville doit notamment préparer ce rapatriement. Une telle opération implique plusieurs formalités entre les deux États : établissement des documents nécessaires, coordination entre les services administratifs et diplomatiques, dispositions mortuaires et organisation du transport.


Le déplacement à Ouesso permettra également à la famille et aux représentants congolais de suivre directement ces différentes étapes.


Aucune date officielle de rapatriement n’était encore annoncée dans les informations disponibles ce mardi matin. Elle dépendra notamment de l’accomplissement des procédures en cours au Congo-Brazzaville.


Un périple de près de 14 000 kilomètres interrompu


Miguel Masaïsaï avait quitté Goma le 1er mai dans le cadre de son projet « Pedals for Peace ». Âgé de 23 ans, il ambitionnait de relier la capitale du Nord-Kivu à Rabat, au Maroc, sur un itinéraire d’environ 14 000 kilomètres.


Son objectif dépassait la performance sportive. Il utilisait son vélo pour porter un message de paix, d’unité et de cohésion, avec une attention particulière portée aux populations affectées par les violences dans l’Est de la RDC.


Après avoir traversé le territoire congolais d’est en ouest, il avait atteint Kinshasa le 5 août, après plus de deux mois de route. Il avait ensuite quitté la capitale pour Brazzaville le 6 septembre afin de poursuivre son parcours vers le nord.


Quelques jours avant son décès, Miguel avait d’ailleurs été reçu à Brazzaville par l’ambassadeur de la RDC, Roger Bokwala, en présence d’une délégation du Conseil national de la jeunesse.


Des hommages depuis l’annonce du décès


La mort du cycliste a suscité plusieurs initiatives en RDC. À Kinshasa, des cyclistes ont organisé une course en sa mémoire, reprenant symboliquement le moyen qu’il avait choisi pour porter son message de paix.


Le Conseil national de la jeunesse a également plaidé pour que sa mémoire soit préservée. Son président, Claude Mbuyi, a notamment proposé que certains objets liés à son périple deviennent des symboles de son engagement.


Des associations et organisations citoyennes lui ont également rendu hommage, notamment à l’occasion de la Journée internationale de la paix célébrée le 21 septembre.


La mission d’Ouesso attendue pour apporter davantage de précisions


Le déplacement de la délégation congolaise devrait maintenant permettre de préciser plusieurs aspects qui restent encore incomplets : la reconstitution exacte de l’accident, les procédures ouvertes sur place, le calendrier administratif et les conditions du rapatriement.


La présence de membres de la famille, de responsables sportifs, du CNJ et de représentants gouvernementaux permet également de centraliser les démarches qui, depuis vendredi, étaient suivies à distance entre Kinshasa, Brazzaville et Ouesso.


Pour les proches de Miguel, cette mission constitue surtout une étape nécessaire vers le retour du jeune cycliste dans son pays, après l’interruption brutale d’un voyage qui devait le conduire jusqu’au Maroc.


Son objectif géographique ne sera jamais atteint. Mais plusieurs initiatives engagées depuis sa disparition cherchent désormais à préserver ce qui constituait le sens de son parcours : faire du vélo un instrument de plaidoyer pour la paix.