La préparation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État entre dans une nouvelle séquence de consultations avec les confessions religieuses. Samedi 3 octobre 2026, à l’archevêché de Lubumbashi, le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, a échangé avec Mgr Fulgence Muteba Mugalu, archevêque métropolitain de Lubumbashi et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Anthony Nkinzo était notamment accompagné de Fortunat Biselele et d’autres membres de la délégation. Du côté des confessions religieuses, le pasteur Éric Senga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC), et Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ont également pris part aux échanges.
Les orientations de Tshisekedi présentées à la CENCO
Au centre de la rencontre figurait le processus de dialogue officiellement lancé par Félix Tshisekedi fin août. Selon les informations publiées à l’issue des échanges, Anthony Nkinzo a présenté à Mgr Fulgence Muteba les orientations du chef de l’État avant de recueillir les avis et considérations du président de la CENCO.
La démarche vise notamment à examiner la contribution que l’Église catholique pourrait apporter à l’apaisement du climat politique, à la restauration de la confiance et à la recherche d’un consensus national.
Cette consultation intervient dans la continuité d’échanges déjà engagés entre la Présidence et les principales confessions religieuses. Le 17 juillet, Félix Tshisekedi avait reçu à Kinshasa une délégation comprenant notamment des responsables catholiques, protestants, musulmans et des Églises de réveil, avant d’annoncer son intention d’organiser un dialogue national inclusif.
La CENCO pose la question de la crédibilité du processus
À Lubumbashi, la CENCO a réaffirmé qu’elle n’était pas opposée au principe du dialogue. Elle insiste cependant sur les conditions dans lesquelles celui-ci sera organisé.
La Conférence épiscopale met particulièrement en avant l’inclusivité et la crédibilité du processus. Ces deux notions renvoient notamment à la capacité du dialogue à associer des composantes suffisamment représentatives de la vie politique et sociale ainsi qu’à instaurer un cadre susceptible d’inspirer confiance aux participants.
Cette position intervient alors que plusieurs forces politiques et sociales continuent de discuter du format du dialogue, de sa facilitation, de la représentation des différentes composantes et des garanties susceptibles d’entourer les futures assises.
Un comité existe déjà, mais la commission préparatoire reste à installer
Le processus a franchi une étape institutionnelle le 13 septembre, lorsque Félix Tshisekedi a institué par ordonnance un comité chargé de préparer la mise en place de la future commission préparatoire du dialogue.
Cette distinction est importante : le comité déjà institué n’est pas lui-même la commission appelée à préparer directement les assises. Il doit notamment réunir les conditions nécessaires à son installation, préparer des documents de référence, recueillir les contributions issues des consultations et accompagner l’organisation du processus.
Le mécanisme est placé sous l’autorité du président de la République. Les comptes rendus de ses activités et les orientations présidentielles transitent notamment par le directeur de cabinet du chef de l’État, ce qui donne à Anthony Nkinzo un rôle central dans cette phase préparatoire.
Un dialogue annoncé pour traiter des causes profondes des crises
Dans son allocution du 28 août, Félix Tshisekedi avait présenté le dialogue comme un processus destiné à traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays, renforcer la cohésion nationale et réfléchir à la consolidation de l’État.
Le chef de l’État avait également annoncé que les travaux devraient déboucher sur un Pacte national accompagné d’une stratégie de mise en œuvre. Il avait exclu le principe d’une amnistie générale pour les auteurs de crimes graves relevant notamment des crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou autres crimes imprescriptibles.
La Présidence avait alors présenté le processus comme devant se dérouler sur une durée maximale de trois mois une fois formellement engagé.
Lubumbashi, nouvelle étape des consultations
La rencontre avec Mgr Fulgence Muteba donne ainsi une dimension supplémentaire aux consultations menées autour du futur dialogue. Elle intervient dans un contexte où la CENCO et l’ECC portent parallèlement leur propre initiative, le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ».
La présence du pasteur Éric Senga aux côtés de Mgr Fulgence Muteba et de Mgr Donatien Nshole montre également que les échanges dépassent le seul cadre catholique, même si la rencontre était principalement organisée autour du président de la CENCO.
La prochaine étape déterminante sera désormais la composition effective des structures préparatoires, les règles de participation et les garanties offertes aux différentes composantes. C’est sur ces éléments que pourra notamment être appréciée la réponse aux exigences d’inclusivité et de crédibilité formulées par la CENCO.



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