Dix personnes guéries de la maladie à virus Ebola ont quitté vendredi 2 octobre 2026 les centres de traitement de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette sortie groupée constitue un record local depuis le début de l’épidémie, selon les responsables sanitaires chargés de la prise en charge des malades.


Les patients étaient suivis dans deux centres de traitement Ebola de la ville. Certains avaient passé plusieurs jours sous surveillance et soins médicaux avant d’être déclarés guéris et autorisés à regagner leurs communautés.


Une première pour dix guérisons simultanées


Le Dr Jérémie Muhindo, médecin directeur de l’Hôpital général de référence de Beni et responsable du pilier de prise en charge médicale de la riposte, a présenté cette sortie comme un signal encourageant pour les équipes sanitaires et la population.


« C’est un record depuis que l’épidémie a été déclarée, c’est la première fois à Beni que nous en sortons dix guéris en une seule fois », a-t-il déclaré, cité par l’Agence congolaise de presse.

Selon le médecin, la durée de prise en charge n’a pas été la même pour tous les patients. L’un d’eux a notamment passé 22 jours sous traitement, tandis qu’un autre a été suivi pendant neuf jours.


Cette sortie ne constitue pas les premières guérisons enregistrées à Beni depuis le début de l’épidémie. La nouveauté réside dans le nombre de patients déclarés guéris et sortis simultanément : dix en une seule journée.

Les autorités sanitaires insistent sur la détection précoce


Pour les équipes de riposte, ces guérisons doivent également contribuer à renforcer la confiance des habitants envers les centres de traitement, alors que la méfiance et les rumeurs continuent de compliquer certaines interventions.


« Plus tôt on est détecté, plus tôt on est pris en charge, et plus on a de chances de guérir », a souligné le Dr Jérémie Muhindo.

Les responsables sanitaires demandent ainsi aux familles de ne pas garder à domicile des personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola et de les orienter rapidement vers les structures compétentes.


Le médecin a également rejeté la perception selon laquelle les centres de traitement seraient des lieux où les malades seraient systématiquement condamnés. La sortie des dix patients est présentée par les équipes médicales comme un exemple concret de l’importance d’une prise en charge précoce.


La transmission reste active


Ce signal positif ne marque toutefois pas la fin de l’épidémie. De nouveaux cas continuent d’être notifiés à Beni et dans d’autres zones affectées du Nord-Kivu, tandis que les équipes de riposte poursuivent la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts et les activités de sensibilisation communautaire.


La flambée actuelle est causée par le virus Bundibugyo. Elle s’inscrit dans une épidémie qui touche plusieurs provinces de la RDC et dont la progression reste suivie par les autorités sanitaires congolaises, l’Organisation mondiale de la Santé et leurs partenaires.


À Beni, des actions de sensibilisation ciblent notamment les jeunes, les conducteurs de motos-taxis, les groupes de pression, les responsables communautaires et les organisations de femmes afin de faciliter l’identification rapide des cas suspects.


Femmes et enfants parmi les patients guéris


La division provinciale du Genre du Nord-Kivu, dont une délégation a visité un centre de traitement vendredi, a indiqué que des femmes et des enfants figuraient parmi les patients déclarés guéris.


Sa responsable, Ruth Sabuni, a plaidé pour une participation accrue des femmes dans les structures de riposte, considérant leur rôle au sein des familles et des communautés comme important pour la prévention et l’orientation rapide des malades vers les services de santé.


Pour les équipes sanitaires, la sortie de ces dix patients constitue donc un résultat encourageant, mais la maîtrise de l’épidémie dépendra toujours de la détection précoce, de l’accès aux soins, de la confiance des communautés et de la poursuite de la surveillance.