La riposte vaccinale contre Ebola avance dans la Tshopo, mais elle reste loin de couvrir l’ensemble des personnes identifiées comme prioritaires. Au 24 septembre 2026, 4 329 prestataires de soins et travailleurs de première ligne avaient reçu le vaccin, selon les données du pilier vaccination de la Division provinciale de la santé.


La cible provinciale est fixée à 11 703 personnes. Cela signifie qu’environ 37 % des personnes ciblées avaient été vaccinées à cette date, laissant encore plusieurs milliers de professionnels et intervenants exposés sans vaccination dans le cadre de cette campagne.


La question des stocks devient parallèlement urgente. Le dernier rapport disponible indiquait qu’il ne restait plus que 221 doses congelées, dont l’expiration est prévue le 5 octobre.


À retenir : 4 329 personnes vaccinées sur 11 703 ciblées, soit environ 37 %. Au 24 septembre, la Tshopo ne disposait plus que de 221 doses congelées selon la Division provinciale de la santé. Ce niveau de stock est insuffisant pour couvrir à lui seul toutes les personnes restant dans la cible.


Makiso concentre près de la moitié des vaccinations réalisées


La progression de la vaccination varie fortement selon les zones de santé.


Les données provinciales font état de 2 097 personnes vaccinées dans la zone de santé de Makiso-Kisangani. Kabondo en comptait 557, Mangobo 490, Lubunga 330 et la zone de santé de la Tshopo 397.


À Bafwasende, 458 prestataires avaient reçu le vaccin.


Ces chiffres montrent que la vaccination s’est jusqu’ici concentrée essentiellement dans les zones jugées prioritaires et parmi les professionnels directement exposés à la prise en charge des malades ou aux différentes activités de la riposte.


Une campagne qui n’est pas une vaccination générale de la population


La stratégie actuellement appliquée dans la Tshopo doit être distinguée d’une campagne de vaccination de masse destinée à toute la population.


Les premières doses ont été prioritairement réservées aux personnels de santé, équipes de riposte et autres travailleurs considérés comme particulièrement exposés.


À Bafwasende, les autorités sanitaires avaient d’ailleurs précisé le 22 septembre que la vaccination de masse de la population n’avait pas encore débuté et que les doses disponibles étaient principalement orientées vers les intervenants de première ligne.


Cette précision est importante afin d’éviter que les habitants considèrent l’absence de vaccination générale comme une interruption totale de la riposte.


Une première rupture avait déjà été enregistrée début septembre


La tension actuelle sur les stocks n’est pas nouvelle.


La Tshopo avait reçu une première dotation de 1 500 doses destinées notamment aux personnels les plus exposés. Au 8 septembre, 1 496 de ces doses avaient déjà été administrées et seules quatre restaient disponibles, selon le Programme élargi de vaccination provincial.


Face à cette quasi-rupture, 3 000 doses supplémentaires avaient ensuite été réceptionnées pour permettre la reprise et l’extension des opérations dans plusieurs zones de santé.


Des lots avaient notamment été redéployés vers Makiso, Mangobo et Kabondo, où les besoins restaient importants.


Moins de trois semaines plus tard, le stock signalé à 221 doses montre que la consommation des vaccins a été rapide au regard du nombre de personnes encore à atteindre.


Plus de 7 000 personnes restent théoriquement dans la cible


En prenant comme référence la cible provinciale de 11 703 personnes et les 4 329 vaccinations enregistrées au 24 septembre, plus de 7 000 personnes restent théoriquement à couvrir.


Ce calcul ne signifie pas nécessairement que chacune doit être vaccinée immédiatement : les listes peuvent évoluer, certaines personnes peuvent ne plus remplir les critères, d’autres peuvent refuser ou avoir des contre-indications déterminées par les équipes médicales.


Il montre néanmoins l’écart important entre les besoins identifiés et les doses encore disponibles dans la province.


Le réapprovisionnement constitue donc l’un des principaux enjeux pour éviter une interruption prolongée de la vaccination des personnes prioritaires.


Une particularité scientifique liée au virus Bundibugyo


La campagne actuelle se déroule dans un contexte particulier. L’épidémie qui frappe la RDC est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo.


Le vaccin Ervebo utilisé dans la riposte est homologué contre la maladie provoquée par le virus Ebola Zaïre. L’Organisation mondiale de la Santé précise qu’on ignore encore si ce vaccin protège efficacement l’être humain contre le virus Bundibugyo.


Des données précliniques suggèrent cependant une possible protection, ce qui a conduit les autorités sanitaires et leurs partenaires à l’intégrer à la stratégie actuelle, notamment pour les personnels de première ligne, parallèlement à un essai clinique de phase III.


À l’échelle nationale, une première allocation internationale de 70 000 doses avait été annoncée en août : 20 000 pour l’essai clinique et 50 000 pour les professionnels de santé et intervenants de première ligne.


Cette utilisation nécessite également que les personnes auxquelles le vaccin est proposé soient informées de ses bénéfices potentiels, de ses limites actuelles contre Bundibugyo et des données scientifiques encore en cours d’évaluation.


Le faible stock ne signifie pas que la vaccination est déjà arrêtée


Parler d’un stock sous tension ne signifie pas qu’aucune dose n’est encore disponible dans la Tshopo.


Le dernier chiffre officiel consulté fait état de 221 doses congelées. Il convient donc de distinguer une réserve presque épuisée d’une rupture totale.


La situation peut par ailleurs évoluer rapidement en cas de nouvelle livraison. Un nouveau bilan des stocks sera nécessaire pour déterminer combien de doses ont été utilisées depuis le 24 septembre et si un réapprovisionnement a déjà été programmé.


Des doses avec une durée d’utilisation limitée


La gestion des vaccins comporte aussi une contrainte logistique importante : la chaîne du froid et les dates d’expiration après décongélation ou stockage.


Les 221 doses encore signalées dans le rapport doivent expirer le 5 octobre. Elles devront donc être utilisées dans les délais prévus ou remplacées par de nouveaux lots.


Cette situation exige une planification précise : identifier rapidement les bénéficiaires, acheminer les doses vers les sites où la demande existe et éviter simultanément les ruptures comme les pertes liées à l’expiration.


La protection des soignants reste prioritaire


Le choix de donner la priorité aux professionnels de santé répond à leur exposition particulière.


Les médecins, infirmiers, hygiénistes, équipes d’investigation, personnels des centres de traitement et autres intervenants peuvent être amenés à entrer directement en contact avec des personnes malades ou avec leur environnement.


La vaccination ne remplace toutefois pas les autres mesures de protection. Le port correct des équipements, l’hygiène des mains, la prévention et le contrôle des infections, la détection précoce des cas et le respect des procédures de prise en charge restent indispensables.


Le prochain enjeu : garantir la continuité de la campagne


Pour les autorités sanitaires de la Tshopo, l’enjeu immédiat est désormais double : utiliser efficacement les doses encore disponibles et obtenir suffisamment de vaccins supplémentaires pour poursuivre la protection des personnes considérées comme prioritaires.


Les prochaines données de la Division provinciale de la santé devront également permettre de mesurer la progression réelle après le 24 septembre et de déterminer si l’écart entre les personnes ciblées et vaccinées commence à se réduire.


Avec une couverture d’environ 37 % et un stock provincial très limité selon le dernier rapport disponible, la vaccination reste donc une composante encore incomplète de la riposte contre Ebola dans la Tshopo.