La mise en œuvre de la résolution 2773 revient au centre des discussions internationales sur la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo. Réuni le 29 septembre 2026 à New York pour son briefing trimestriel consacré à la RDC et à la MONUSCO, le Conseil de sécurité a examiné une situation toujours marquée par des combats, des déplacements de populations et de fortes divergences entre Kinshasa et Kigali sur l’exécution des engagements sécuritaires.
Adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, la résolution 2773 demande notamment aux Forces de défense rwandaises de cesser leur soutien au M23 et de se retirer immédiatement du territoire congolais sans conditions préalables. Elle exige également du M23 qu’il cesse les hostilités et se retire des zones sous son contrôle.
La résolution 2773 reste la référence du Conseil
Plus d’un an après son adoption, ce texte demeure l’un des principaux cadres juridiques utilisés par le Conseil de sécurité pour apprécier les responsabilités et les obligations des différents acteurs engagés dans la crise.
La résolution 2773 condamne l’offensive du M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ainsi que le soutien des Forces de défense rwandaises au mouvement rebelle. Elle demande parallèlement aux autorités congolaises de mettre fin à tout soutien aux groupes armés, dont les FDLR, et appelle les différentes parties à privilégier les mécanismes diplomatiques.
Lors de la réunion du 29 septembre, la délégation congolaise a estimé que plusieurs dispositions concernant le M23 et les forces rwandaises restaient insuffisamment appliquées. Kigali a, de son côté, contesté l’interprétation congolaise de la mise en œuvre des engagements et insisté sur ce qu’il considère comme la persistance de la menace des FDLR.
La MONUSCO appelée à conserver un rôle dans le processus de paix
Les discussions ont également porté sur le rôle de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC. Selon Security Council Report, les membres du Conseil ont, à l’issue des consultations, salué l’appui apporté par la MONUSCO aux premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus chargé d’observer le cessez-le-feu.
La mission onusienne a notamment fourni un soutien logistique, médical et de communication aux missions de vérification effectuées à Minembwe, au Sud-Kivu, puis à Masisi, au Nord-Kivu.
James Swan, chef de la MONUSCO, a indiqué devant le Conseil que la Mission restait également engagée dans l’accompagnement des processus de Washington et de Doha ainsi que dans les efforts conduits sous l’égide de l’Union africaine.
La France, qui assurait la présidence du Conseil de sécurité durant le mois de septembre, avait placé le suivi du mandat de la MONUSCO parmi les sujets prioritaires de cette session consacrée à la RDC.
Une crise humanitaire aggravée par Ebola
Le volet humanitaire a occupé une place importante dans les échanges. Selon les données présentées par James Swan devant le Conseil de sécurité, 26,5 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et environ 6,1 millions demeuraient déplacées à l’intérieur du pays.
Le plan de réponse humanitaire révisé pour 2026 nécessitait 2,13 milliards de dollars afin d’assister 10,7 millions de personnes parmi les plus vulnérables. Au 28 septembre, seulement 50,5 % du financement recherché avait été mobilisé, selon le chef de la MONUSCO.
À cette situation s’ajoute l’épidémie d’Ebola. James Swan a indiqué que l’Ituri demeurait l’épicentre de la flambée, tandis que l’augmentation des cas au Nord-Kivu se heurtait aux contraintes sécuritaires affectant les opérations de riposte.
La MONUSCO apporte un soutien logistique aux autorités congolaises et à la réponse coordonnée par l’Organisation mondiale de la Santé. Le représentant spécial a demandé aux différentes parties de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave.
Washington et Doha toujours attendus sur le terrain
Les membres du Conseil suivent parallèlement les processus diplomatiques de Washington et de Doha, ainsi que les initiatives de l’Union africaine. Plusieurs délégations ont toutefois relevé l’écart persistant entre les accords conclus et leur traduction concrète sur le terrain.
La question centrale reste désormais celle de l’exécution vérifiable des engagements : retrait des forces étrangères, respect du cessez-le-feu, désarmement des groupes armés et accès humanitaire aux populations affectées.
Le prochain renouvellement du mandat de la MONUSCO constituera une nouvelle étape pour déterminer le rôle que le Conseil de sécurité entend confier à la Mission dans le suivi des cessez-le-feu, la protection des civils et l’accompagnement des différents processus de paix.



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