La Haute Cour militaire poursuit son fonctionnement après la disparition brutale de son Premier président, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende. Vendredi 2 octobre 2026, le lieutenant-général magistrat Paul Ilunga Dikita, qui assure désormais l’intérim à la tête de cette juridiction, a présenté ses civilités à Dieudonné Kamuleta Badibanga, président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).


L’audience s’est tenue au siège de la Cour constitutionnelle, dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Elle intervient une semaine après le crash aérien de Kenge, dans le Kwango, qui a coûté la vie à plusieurs membres d’une délégation militaire et judiciaire.


Assurer la continuité à la Haute Cour militaire


Paul Ilunga Dikita est appelé à assurer la continuité institutionnelle de la Haute Cour militaire dans une période marquée par la disparition de deux figures importantes de la justice militaire congolaise.


Joseph Mutombo Katalay Tiende occupait les fonctions de Premier président de la Haute Cour militaire. Le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général près cette juridiction, a également péri dans le même accident.


Quelques jours avant le crash, Paul Ilunga Dikita siégeait encore comme président d’une composition de la Haute Cour militaire. Le 25 septembre, il avait notamment présidé une audience dans le procès de deux officiers généraux poursuivis devant cette juridiction.


La prise d’intérim intervient dans un contexte exceptionnel pour la justice militaire, confrontée à la disparition simultanée de deux de ses plus hauts responsables.

Le CSM mobilisé depuis le crash de Kenge


Au lendemain de l’accident, le Conseil supérieur de la magistrature s’était réuni en urgence sous la présidence de Dieudonné Kamuleta afin d’examiner les conséquences de la disparition des deux hauts magistrats militaires et les dispositions à prendre.


Le CSM constitue l’organe de gestion du pouvoir judiciaire. L’audience accordée à Paul Ilunga Dikita s’inscrit ainsi dans le cadre institutionnel entourant la continuité administrative et judiciaire de la Haute Cour militaire.


Une enquête toujours en cours sur le crash


Le crash est survenu le 25 septembre à Kenge alors que la délégation revenait d’une mission de service à Kikwit, dans la province du Kwilu, et regagnait Kinshasa.


Les FARDC ont confirmé la mort de Joseph Mutombo Katalay et de Lucien-René Likulia Bakumi, tandis que le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire destinée à établir les circonstances exactes et les causes de l’accident.


Les premières informations diffusées après le drame ont fait apparaître des bilans divergents sur le nombre total de victimes. Les investigations officielles restent donc la référence pour établir définitivement le bilan et les circonstances du crash.


Des dossiers judiciaires à poursuivre


La Haute Cour militaire reste saisie de plusieurs procédures concernant notamment des officiers supérieurs et généraux. L’un des enjeux immédiats de l’intérim sera donc d’assurer la continuité des audiences et du fonctionnement administratif de la juridiction.


Les modalités définitives de succession à la tête de la Haute Cour militaire devront dépendre des procédures institutionnelles applicables. À ce stade, Paul Ilunga Dikita exerce les fonctions de Premier président à titre intérimaire.