La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) réclame une enquête judiciaire après les violences subies par un enfant accusé de sorcellerie dans le territoire de Luiza, au Kasaï-Central. L’affaire, également dénoncée par des acteurs de la société civile, relance les inquiétudes autour des accusations de sorcellerie visant des mineurs et des violences qui peuvent en découler.


Selon la CNDH, l’enfant vivait avec son père et sa marâtre lorsqu’il aurait été désigné comme sorcier par un responsable religieux. Après cette accusation, son père l’aurait violemment frappé, ligoté puis abandonné dans une zone de brousse.


Retrouvé dans un état critique


D’après les informations rapportées par la CNDH, l’enfant a été retrouvé par un chasseur, qui l’a conduit vers une structure sanitaire. Il a ensuite été transféré à Kananga pour une prise en charge médicale.


L’institution nationale des droits humains réclame que les circonstances exactes des violences soient établies et que les personnes impliquées répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.


La CNDH indique que le père de l’enfant était toujours recherché au moment de sa communication. Le responsable religieux mis en cause ainsi que la marâtre de l’enfant avaient été interpellés, avant d’être remis en liberté sur décision d’un magistrat de Luiza.


La CNDH met aussi en cause la gestion judiciaire du dossier


Au-delà des violences subies par l’enfant, la CNDH demande que soient examinées les circonstances de la libération des personnes précédemment interpellées.


L’institution réclame notamment des sanctions disciplinaires à l’encontre du magistrat concerné, qu’elle accuse d’avoir favorisé l’impunité dans ce dossier. Cette accusation émane de la CNDH et devra, elle aussi, être examinée dans le cadre des procédures compétentes.


La responsabilité pénale des personnes citées n’est pas judiciairement établie à ce stade. Les faits rapportés reposent sur les éléments communiqués par la CNDH et les acteurs locaux, dans l’attente des conclusions d’une enquête judiciaire.

La société civile appelle à mieux protéger les enfants


Des acteurs de la société civile de Luiza avaient déjà dénoncé cette affaire et appelé les autorités provinciales et judiciaires à renforcer la protection de l’enfant. Ils demandent également un meilleur encadrement des pratiques de responsables religieux susceptibles d’alimenter des accusations de sorcellerie visant des mineurs.


Cette affaire n’est pas isolée au Kasaï-Central. Ces derniers mois, plusieurs cas de violences liées à des accusations de sorcellerie ont été signalés dans la province, poussant les organisations de défense des droits humains à réclamer davantage de prévention et de sanctions.


Des informations divergentes sur l’âge exact de l’enfant


Les sources consultées ne concordent pas sur l’âge précis de la victime. Certaines publications locales ont évoqué un enfant de 13 ans, tandis que d’autres sources parlent d’un garçon d’une dizaine d’années. La communication de la CNDH relayée par Radio Okapi ne précise pas son âge.


ActuNews.net retient donc, par prudence, la qualification d’« enfant » en attendant une confirmation officielle de son âge exact.


La CNDH appelle par ailleurs les responsables religieux à contribuer à la protection des enfants et à éviter toute pratique ou déclaration susceptible d’exposer des mineurs à des violences, à l’abandon ou à la stigmatisation.