Le secteur agro-pastoral congolais était à l’honneur samedi 3 octobre 2026 au Musée national de la République démocratique du Congo, à Kinshasa, avec l’ouverture de la foire « Or Vert du Congo ». Selon les éléments communiqués autour de l’événement, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi ont pris part à cette cérémonie consacrée à la promotion de la production locale et des entreprises agricoles congolaises.
Coordonné par Fanny Tshisekedi Tshilombo Kasalu, le programme entend créer un lien plus direct entre producteurs, transformateurs, institutions financières, investisseurs, acheteurs et pouvoirs publics. L’objectif affiché est de mieux structurer les filières agricoles et de faciliter l’accès des produits congolais aux marchés nationaux, régionaux et internationaux.
Créer le lien entre le champ et le marché
Présenté à la presse dès le 23 septembre, « Or Vert du Congo » se veut une réponse à plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs : conservation des récoltes, transformation, conditionnement, accès au financement, structuration des entreprises et recherche de débouchés commerciaux.
Selon les organisateurs, le programme ne doit donc pas se limiter à une exposition ponctuelle de produits. Il prévoit la création d’un écosystème associant production, transformation et commercialisation, avec un recours accru aux outils numériques pour mettre les producteurs en relation avec les acheteurs.
L’Agence congolaise de presse avait indiqué avant le lancement que la plateforme réunissait environ 100 transformateurs, plus de 3 000 maraîchères à Kinshasa et près de 500 producteurs agricoles à travers le pays.
Réduire la dépendance aux produits importés
L’un des objectifs revendiqués par les promoteurs est de renforcer la présence des produits congolais sur le marché intérieur afin de contribuer progressivement à la réduction des importations alimentaires.
Cette ambition repose notamment sur l’amélioration de la régularité et de la qualité de la production, la transformation locale et la conclusion de partenariats entre agriculteurs, entreprises, institutions financières et grands acheteurs.
Lors de la présentation du programme en septembre, Ornela Kardozo, directrice générale de Group Choice Holding Company, avait expliqué que le projet cherchait à créer des synergies entre producteurs locaux, jeunes entrepreneurs et maraîchères autour d’un écosystème de production, de transformation et de distribution.
Les organisateurs demandent davantage de débouchés
Au cours du lancement de samedi, les interventions ont également porté sur le rôle attendu des institutions publiques dans la consolidation des filières agricoles.
Selon les éléments communiqués à ActuNews.net, Ornela Kardozo et Fanny Tshisekedi ont notamment appelé les institutions gouvernementales à faciliter l’ouverture de nouveaux débouchés afin de sécuriser l’activité des agripreneurs, pérenniser les chaînes de valeur locales et favoriser la création d’emplois.
Cette demande rejoint l’un des principaux constats dressés lors de la conférence de presse préparatoire : produire davantage ne suffit pas si les agriculteurs ne disposent pas ensuite de circuits stables pour conserver, transformer et écouler leurs produits.
Le numérique présenté comme un outil de commercialisation
Le programme mise également sur la digitalisation pour rapprocher l’offre agricole congolaise des consommateurs et des acheteurs. Les promoteurs évoquent notamment des plateformes modernes de commercialisation, des systèmes de traçabilité et des technologies destinées à améliorer le suivi des produits.
L’ambition affichée est également de positionner progressivement certains produits locaux sur les marchés régionaux et internationaux, à condition que les normes de qualité, de régularité et de conditionnement nécessaires soient respectées.
Du lancement aux résultats économiques
Le principal défi commence désormais après la foire. Les résultats du programme devront être évalués à travers le nombre de producteurs effectivement connectés à des acheteurs, les contrats conclus, les financements mobilisés, la progression des volumes transformés localement et les emplois créés.
Avant l’ouverture, les organisateurs avaient indiqué que la rencontre du 3 octobre devait constituer le point de départ d’un programme appelé à se poursuivre au-delà de cette journée.
La capacité d’« Or Vert du Congo » à contribuer réellement à la réduction des importations alimentaires dépendra donc de la continuité des mécanismes d’accompagnement, de l’accès au financement et de la transformation des intentions annoncées en débouchés commerciaux mesurables pour les producteurs.



Commentaires