Une nouvelle opération de désengorgement a été menée à la prison centrale de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Trente-trois détenus, dont quatre femmes, ont recouvré la liberté vendredi 25 septembre 2026 après l’examen de leurs dossiers par les autorités judiciaires.
La cérémonie de remise des fiches de libération s’est déroulée devant l’établissement pénitentiaire, en présence de plusieurs responsables judiciaires et politico-administratifs de la province.
Parmi eux figuraient Raymond Kalonda Djongambolo, procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo, Tina Wambila Makila, procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Kisangani, ainsi que Michel Bakay, ministre provincial de l’Intérieur. Le directeur intérimaire de la prison, Guylain Rashidi, était également présent.
À retenir : les comptes rendus locaux consultés font état de 33 personnes libérées, dont quatre femmes. Un chiffre de 37 circule également dans certaines publications et devra être confronté au décompte officiel définitif des autorités judiciaires.
Des dossiers examinés individuellement
Selon les informations disponibles, la mesure concerne des détenus dont les dossiers ont été examinés par les autorités judiciaires et présentés comme ne portant pas sur des faits considérés comme graves.
Cette formulation reste toutefois générale. Les autorités n’ont pas encore précisé publiquement, pour chaque bénéficiaire, s’il s’agissait d’une fin de peine, d’une mesure de mise en liberté provisoire, d’une régularisation liée à la procédure ou d’un autre mécanisme prévu par la législation.
Cette distinction est importante : une politique de désengorgement ne signifie pas une libération collective sans examen juridique. Chaque situation doit reposer sur une base légale et tenir compte du stade de la procédure concernant la personne détenue.
Le parquet annonce que l’opération va se poursuivre
S’adressant aux personnes libérées, la procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Kisangani, Tina Wambila Makila, les a appelées à éviter de nouveaux démêlés avec la justice.
« Rejoignez vos différentes familles et ne reprenez pas ces actes pour revenir à la prison. Bonne libération à tous ! »
Elle a surtout annoncé que cette opération ne constituait pas la fin du processus.
« Le processus va se poursuivre et, avec le concours du gouvernement provincial, nous allons examiner d’autres dossiers. »
Cette annonce ouvre la voie à une nouvelle vérification des situations individuelles à l’intérieur de la prison centrale.
Désengorger sans affaiblir les procédures judiciaires
Le désengorgement des prisons constitue un enjeu à la fois judiciaire, pénitentiaire et humanitaire. Une population carcérale trop importante par rapport aux capacités d’accueil exerce une pression sur l’alimentation, l’accès aux soins, l’hygiène, la sécurité et les conditions de travail du personnel pénitentiaire.
Mais toute opération de libération doit également préserver les exigences de la procédure judiciaire. La question centrale consiste donc à identifier les personnes dont le maintien en détention n’est plus juridiquement nécessaire, tout en laissant se poursuivre les procédures concernant les affaires qui l’exigent.
Dans ce contexte, l’examen régulier des dossiers permet notamment de vérifier la situation administrative et judiciaire de chaque détenu, la durée de sa détention et l’existence des actes nécessaires à son maintien en prison.
La situation des détenus préventifs, un enjeu particulier
Le fonctionnement des prisons congolaises est aussi marqué par la question de la détention préventive. Une personne placée en détention avant jugement reste présumée innocente tant qu’une juridiction compétente ne l’a pas définitivement déclarée coupable.
Les opérations de contrôle des dossiers peuvent donc permettre d’identifier les situations dans lesquelles les conditions légales d’une détention doivent être réexaminées.
À Kisangani, les autorités n’ont pas encore rendu publique la ventilation précise des 33 bénéficiaires entre personnes condamnées et détenus préventifs. Cette donnée permettrait de mieux comprendre la nature exacte de l’opération.
Quatre femmes parmi les personnes remises en liberté
Quatre femmes figurent parmi les personnes ayant quitté la prison.
Les informations disponibles ne précisent ni la durée de leur détention, ni la nature de leurs dossiers. Leur situation relève donc de la même exigence de prudence que celle des autres bénéficiaires.
La présence de femmes dans les établissements pénitentiaires pose par ailleurs des besoins spécifiques en matière de conditions sanitaires, de santé, de protection et, dans certains cas, de prise en charge des enfants vivant avec leur mère en détention.
La réinsertion, deuxième étape après la sortie de prison
La remise d’une fiche de libération met fin à une période de détention, mais elle ne résout pas nécessairement les difficultés auxquelles une personne peut être confrontée après son retour dans la société.
La réinsertion peut dépendre de la possibilité de retrouver une famille, un logement, une activité génératrice de revenus ou un emploi. Sans accompagnement, certaines personnes libérées peuvent se retrouver dans une situation économique et sociale particulièrement fragile.
C’est pourquoi les politiques pénitentiaires ne se limitent généralement pas à la gestion des établissements : elles comportent également un volet de réinsertion destiné à réduire les risques de récidive.
Un suivi nécessaire sur les prochaines libérations
L’annonce du parquet sur la poursuite de l’examen des dossiers sera désormais particulièrement suivie.
Il restera notamment à connaître le nombre de personnes dont la situation doit encore être étudiée, les critères juridiques retenus et le calendrier des prochaines opérations.
Un autre enjeu réside dans la transparence des chiffres. Alors qu’un décompte de 37 détenus a circulé, deux comptes rendus locaux consultés par ActuNews.net rapportent 33 bénéficiaires, dont quatre femmes. Une communication officielle détaillée permettrait de lever cette divergence.
La réussite du désengorgement de la prison centrale de Kisangani ne se mesurera finalement pas uniquement au nombre de sorties enregistrées lors d’une cérémonie. Elle dépendra surtout de la régularité du contrôle des dossiers, du respect des garanties judiciaires, de l’amélioration des conditions de détention pour ceux qui restent incarcérés et de l’accompagnement des personnes qui retrouvent la liberté.



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