Un nouveau drame frappe la navigation sur le lac Kivu. Au moins 12 personnes ont perdu la vie après le chavirement d’une embarcation dans la nuit du samedi 26 septembre 2026 dans le territoire insulaire d’Idjwi, au Sud-Kivu.


Selon les premières informations communiquées dimanche par les autorités locales, le bateau transportait plus de 50 personnes lorsqu’il a chaviré. Une quinzaine de passagers ont été secourus, tandis que plusieurs autres restent portés disparus.


Le bilan demeure provisoire et pourrait évoluer à mesure que les opérations de recherche et de récupération progressent.


Bilan provisoire : au moins 12 morts, environ 15 rescapés et plusieurs dizaines de personnes encore recherchées selon les premières autorités locales citées. Le nombre exact de personnes qui se trouvaient à bord doit encore être consolidé.


Des commerçants de poissons à bord


L’embarcation assurait une liaison entre Bwina, sur l’île d’Idjwi, et Boza.


Selon Muhindo Ntambuka Pascal, administrateur local cité dans les premiers comptes rendus, le bateau transportait principalement des commerçants de poissons ainsi que des marchandises.


Ce type de liaison constitue un moyen de déplacement essentiel pour de nombreuses communautés riveraines du lac Kivu, aussi bien pour le transport des personnes que pour les échanges commerciaux entre les différentes localités.


La présence de marchandises à bord devra cependant être prise en compte dans l’enquête, notamment pour déterminer la charge réelle du bateau et sa répartition. À ce stade, rien ne permet toutefois d’affirmer officiellement que la surcharge est à l’origine du naufrage.


Une quinzaine de rescapés


Félix Habiragi, chef du village de Kisheke, proche du lieu de l’accident, a indiqué qu’environ 15 personnes avaient été sauvées.


Les recherches se poursuivent pour retrouver les autres passagers.


Dans les premières heures suivant un naufrage, les chiffres peuvent varier sensiblement en fonction des survivants retrouvés, des corps repêchés et surtout du nombre réel de personnes qui se trouvaient à bord.


L’existence ou non d’un manifeste fiable sera donc déterminante pour établir un bilan consolidé.


Des chiffres encore divergents sur le nombre de passagers


Les informations disponibles dimanche ne concordent pas entièrement sur le nombre de personnes embarquées.


Des autorités locales citées par l’Associated Press évoquent plus de 50 passagers, tandis que certaines sources locales font état d’un nombre supérieur.


Cette divergence impose de rester prudent sur le nombre exact de disparus.


À ce stade, le chiffre le plus solidement documenté reste celui d’au moins 12 décès confirmés, avec environ 15 personnes secourues.


Une communication officielle consolidée des autorités provinciales permettrait de préciser le nombre de personnes inscrites, le nombre réel de passagers présents sur l’embarcation et le nombre de disparus encore recherchés.


La cause du naufrage n’est pas encore connue


Les circonstances exactes de l’accident restent également indéterminées.


Aucune autorité compétente n’avait encore établi dimanche si le naufrage était lié aux conditions météorologiques, à une avarie, à une mauvaise répartition de la charge, à une surcharge ou à une combinaison de plusieurs facteurs.


Toute conclusion sur la cause du drame serait donc prématurée.


L’enquête devra notamment vérifier l’état technique de l’embarcation, sa capacité autorisée, le nombre réel de personnes transportées, la nature des marchandises présentes à bord ainsi que les conditions de navigation au moment de l’accident.


Le port du gilet de sauvetage de nouveau en question


La tragédie relance également le débat sur l’application des mesures de sécurité lacustre.


Dorcelle Bagazane, membre de la société civile à Idjwi, rappelle que les autorités avaient déjà commencé à imposer le port du gilet de sauvetage aux passagers.


Selon elle, cette mesure reste encore insuffisamment respectée sur certaines liaisons.


L’absence éventuelle de gilets à bord de l’embarcation impliquée devra cependant être vérifiée précisément avant d’être retenue comme élément du dossier.


La question dépasse ce seul accident : sur les lacs congolais, le respect de la capacité des bateaux, la disponibilité des équipements de sauvetage et la fiabilité des manifestes restent au cœur des préoccupations de sécurité.


Un autre naufrage avait déjà frappé le lac Kivu en avril


Ce drame survient quelques mois après un autre accident survenu en avril 2026 entre Idjwi et Kalehe.


À l’époque, une pirogue motorisée reliant le marché de Sakiro à Makengere avait chaviré. Le bilan avait fait état d’au moins deux morts, d’une vingtaine de disparus et de 23 rescapés.


La répétition de tels accidents montre la vulnérabilité persistante du transport lacustre dans cette partie du Sud-Kivu.


Radio Okapi avait documenté le naufrage d’avril et la progression du bilan au fil des recherches.


Un nouveau drame quelques jours après le naufrage du MV MJP


Le naufrage d’Idjwi intervient également quelques jours seulement après celui du MV MJP sur le lac Tanganyika, au large de Kabimba, dans la province du Tanganyika.


Dans cette affaire, les autorités avaient annoncé 39 personnes portées disparues et 36 rescapés dans un premier bilan.


Les deux accidents se sont produits sur des lacs différents et ne doivent pas être confondus. Leur proximité dans le temps remet toutefois au centre du débat la question du contrôle des embarcations et du respect des normes de sécurité sur les voies navigables congolaises.


Les familles attendent des nouvelles


À Idjwi, la priorité demeure désormais la recherche des personnes manquantes.


Des habitants et proches des passagers se sont mobilisés autour des zones riveraines dans l’attente d’informations sur les rescapés et les corps récupérés.


Les autorités devront également organiser l’identification formelle des victimes avant leur remise aux familles.


Ce travail peut s’avérer particulièrement difficile lorsqu’aucun registre précis des personnes embarquées n’existe ou lorsque des passagers voyagent sans être correctement enregistrés.


Des contrôles qui devront dépasser les annonces


Chaque naufrage majeur entraîne généralement de nouvelles annonces : obligation du gilet de sauvetage, limitation du nombre de passagers, contrôle des cargaisons, interdiction de certaines navigations nocturnes ou vérification des documents des embarcations.


L’enjeu reste toutefois leur application effective sur le terrain.


Pour les autorités, le drame d’Idjwi devrait donc conduire non seulement à identifier les causes précises de ce naufrage, mais aussi à vérifier si les règles existantes étaient connues, applicables et effectivement contrôlées sur cette liaison.


La publication d’un bilan définitif, d’un manifeste consolidé et des résultats de l’enquête permettra surtout de distinguer les faits établis des hypothèses actuellement avancées.


Pour l’heure, les recherches se poursuivent sur le lac Kivu, avec l’espoir de retrouver encore des survivants parmi les personnes signalées disparues.