Le paysage commercial du centre-ville de Lubumbashi est en pleine transformation. Le marché Mzée Laurent-Désiré Kabila, l’un des plus importants centres de négoce de la capitale du Haut-Katanga, a été démoli dans la nuit du mercredi 30 septembre au jeudi 1er octobre 2026 afin de libérer le site pour un projet de reconstruction.


L’opération s’est déroulée sous un important dispositif de sécurité comprenant des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Des engins ont procédé à la destruction des étalages et bâtiments commerciaux tandis que plusieurs autorités et membres du Conseil provincial de sécurité étaient présents sur les lieux.


Un nouveau marché annoncé sur le même site


Les autorités provinciales présentent cette démolition comme la première étape d’un projet de modernisation du marché. Le futur complexe doit être construit sur l’emplacement actuel afin d’offrir, selon le gouvernement provincial, de meilleures conditions de travail aux commerçants et une organisation plus adaptée aux activités commerciales du centre-ville.


Des informations publiées par plusieurs médias locaux évoquent un bâtiment à plusieurs niveaux, un parking destiné aux véhicules ainsi que des équipements de sécurité contre les incendies. Les caractéristiques techniques définitives du projet devront toutefois être confirmées par les documents officiels du maître d’ouvrage.


La démolition ne constitue pas la suppression définitive du marché Mzée Kabila : les autorités annoncent sa reconstruction sur le même site sous une forme modernisée.

Quatre sites pour accueillir temporairement les commerçants


La question du devenir des milliers de vendeurs avait constitué le principal point de tension avant le lancement de l’opération.


Fin août, le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, avait annoncé que quatre marchés de Lubumbashi seraient aménagés pour accueillir temporairement les commerçants : le marché de Kamalondo, le marché Kaseba, le marché des Plaines ainsi que le marché du Peuple, dans la commune de Kampemba.


La mairie avait parallèlement demandé aux commerçants concernés de se faire enregistrer afin de faciliter leur affectation vers ces différents sites.


Des vendeurs avaient contesté le projet


La reconstruction du marché Mzée Kabila avait suscité une forte contestation plusieurs semaines auparavant. Le 20 juillet, des commerçants avaient manifesté dans les rues de Lubumbashi avant de déposer un mémorandum à l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga.


Ils disaient craindre la perte de leurs activités et demandaient aux autorités de privilégier la construction d’un nouveau marché sur un autre terrain. Selon des données administratives rapportées à l’époque par Radio Okapi, le marché regroupait plus de 15 000 commerçants, tandis que leurs représentants évoquaient près de 17 000 personnes.


Les vendeurs affirmaient ne pas être opposés au principe d’une modernisation des infrastructures commerciales, mais réclamaient des garanties sur leur relocalisation et leur retour après les travaux.


Des semaines de négociations avant la démolition


Après ces protestations, plusieurs échanges ont été organisés entre les autorités provinciales et les représentants des commerçants. Une échéance avait d’abord été fixée au 20 août pour libérer le site, avant la poursuite des discussions et des travaux d’aménagement des lieux de relocalisation.


Radio Okapi rapporte que l’opération du 1er octobre intervient après plusieurs semaines de discussions et de tractations destinées notamment à trouver des solutions pour les vendeurs concernés.


D’autres sources locales indiquent qu’un moratoire supplémentaire avait été accordé avant l’expiration du délai définitif au 1er octobre.


Le défi du retour des commerçants


Au-delà de la construction elle-même, l’un des principaux enjeux sera désormais la gestion de la période transitoire. Il faudra notamment vérifier si les quatre sites prévus disposent d’une capacité suffisante pour accueillir les vendeurs et leur permettre de poursuivre leurs activités dans des conditions viables.


Les modalités d’attribution des espaces dans le futur marché seront également particulièrement suivies. Les commerçants qui occupaient l’ancien site attendent notamment des garanties sur leur possibilité d’y revenir après l’achèvement des travaux.


À ce stade, les autorités n’ont pas encore rendu public, dans les sources consultées, un calendrier détaillé précisant la date de démarrage effectif de la construction, la durée prévisionnelle du chantier et la date de livraison du nouveau marché.