La magistrature du Haut-Katanga est frappée par la mort de l’un de ses plus hauts responsables. Vincent Mwana Mulenda, président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, est décédé des suites de blessures reçues lors d’une attaque armée perpétrée à son domicile de Lubumbashi dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre 2026.


Les premières informations recueillies auprès de proches et de sources judiciaires décrivent une intrusion violente. Des hommes armés auraient escaladé les murs de la résidence avant de briser des ouvertures pour pénétrer à l’intérieur.


Selon ces mêmes récits, les assaillants auraient réclamé de l’argent ainsi que les clés du véhicule du magistrat. C’est pendant cette séquence que Vincent Mwana Mulenda aurait été atteint par balle.


Le haut magistrat aurait notamment été blessé à une jambe et grièvement atteint à la tête. Pris en charge après l’attaque, il n’a pas survécu à ses blessures.


À ce stade : l’attaque et le décès de Vincent Mwana Mulenda sont établis par des sources judiciaires concordantes. En revanche, l’identité des assaillants, leur nombre exact et leur mobile définitif ne sont pas encore connus publiquement.


Un appel à l’aide avant l’irruption des assaillants


Un proche du magistrat cité par Actualite.cd rapporte que Vincent Mwana Mulenda aurait eu le temps d’alerter un policier rattaché au parquet lorsqu’il s’est rendu compte de la présence d’hommes autour de son domicile.


Le responsable judiciaire aurait demandé une intervention rapide, craignant pour sa sécurité. Lorsque les secours sont arrivés, l’attaque avait déjà fait ses victimes.


Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas encore de reconstituer minute par minute le déroulement de l’agression. Une enquête devra notamment déterminer la manière dont les assaillants ont préparé leur intrusion, le temps passé dans la résidence et les circonstances exactes dans lesquelles les coups de feu ont été tirés.


Sa fille également blessée


L’attaque aurait aussi touché un membre de la famille du magistrat. Selon La Guardia Magazine, une fille de Vincent Mwana Mulenda a été blessée à la tête pendant l’intrusion.


Cette source indique également que plusieurs biens auraient été emportés, notamment le véhicule du magistrat et une somme d’argent. Une douille et un couteau auraient par ailleurs été retrouvés sur les lieux.


Ces éléments devront être confrontés aux constatations officielles des enquêteurs. Aucune communication publique détaillée des services d’enquête n’avait encore permis, dans les informations consultées, de confirmer l’inventaire complet des biens emportés ni les indices saisis à la résidence.


Vol avec violence ou attaque visant le magistrat ?


Les premières circonstances peuvent évoquer une opération de banditisme armé, notamment en raison des demandes d’argent et de clés de véhicule rapportées par les témoins. Il serait cependant prématuré d’en déduire que le vol constitue le seul mobile de l’attaque.


La qualité de la victime — président de la Cour d’appel du Haut-Katanga — impose également aux enquêteurs d’examiner les différentes hypothèses susceptibles d’expliquer l’agression.


Aucun élément public disponible ne permet pour l’instant d’affirmer que Vincent Mwana Mulenda aurait été ciblé en raison d’un dossier judiciaire, de ses fonctions ou d’une décision rendue par la Cour d’appel.


De même, qualifier dès maintenant les faits d’assassinat ciblé supposerait d’établir une intention et un mobile que l’enquête n’a pas encore rendus publics.


Consternation à la Cour d’appel du Haut-Katanga


L’annonce du décès a provoqué une forte émotion dans les milieux judiciaires de Lubumbashi. Des magistrats, collaborateurs et agents affectés à la Cour d’appel ont appris lundi la disparition de leur responsable.


Plusieurs magistrats se sont également rendus auprès de la famille et dans les structures où le corps du défunt a été pris en charge.


Au-delà de la dimension humaine, la mort du président de la Cour d’appel touche directement l’une des principales institutions judiciaires de la province. Cette juridiction joue notamment un rôle dans le traitement des appels provenant des tribunaux de son ressort et dans plusieurs contentieux relevant des compétences que lui attribue la législation congolaise.


Une nouvelle attaque armée dans un contexte sécuritaire préoccupant


Le meurtre du magistrat intervient alors que plusieurs épisodes de criminalité armée ont récemment été signalés à Lubumbashi.


Quelques jours auparavant, deux policiers avaient été tués lors d’un braquage dans une station-service du quartier Kilobelobe. La police du Haut-Katanga avait confirmé leur décès.


Ces événements alimentent les préoccupations autour de la circulation d’armes et de la capacité des groupes criminels à mener des opérations violentes dans certains quartiers de la ville.


Le cas de Vincent Mwana Mulenda présente cependant une gravité institutionnelle particulière : cette fois, la victime est le responsable d’une juridiction provinciale de premier plan, attaqué au sein même de sa résidence.


L’enquête attendue sur plusieurs questions


Les investigations devront désormais permettre d’identifier les auteurs et leurs éventuels complices, de déterminer le nombre de personnes ayant participé à l’opération et de retracer leur itinéraire avant et après l’attaque.


Les enquêteurs devront également établir si le véhicule et les biens rapportés comme volés ont effectivement été emportés, exploiter les indices matériels éventuellement retrouvés sur les lieux et déterminer si les assaillants disposaient d’informations préalables sur les habitudes du magistrat.


La question du mobile sera centrale. À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut être tirée entre l’hypothèse d’un braquage ayant dégénéré et celle d’une attaque dans laquelle la fonction du magistrat aurait joué un rôle.


En attendant les résultats de l’enquête et une communication détaillée des autorités judiciaires ou sécuritaires, seuls les faits déjà recoupés peuvent être retenus : une résidence attaquée dans la nuit, un haut magistrat mortellement blessé, un membre de sa famille touché et des assaillants toujours à identifier.