La courte accalmie observée autour de Remeka n’aura pas tenu. Des combats ont repris tôt ce vendredi 25 septembre 2026 dans cette localité du groupement Ufamandu 1er, territoire de Masisi, au Nord-Kivu.


Les affrontements opposent les combattants de l’AFC/M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par des groupes Wazalendo.


Selon des sources locales jointes dans la zone, l’AFC/M23 a lancé une offensive contre les positions tenues par les forces gouvernementales et leurs alliés. Des tirs d’armes lourdes et légères étaient encore signalés dans la matinée.


Enjeu immédiat : Remeka avait récemment été reprise par les FARDC et les Wazalendo. La nouvelle offensive montre que le contrôle de cette partie du groupement Ufamandu 1er reste contesté et que les lignes de front demeurent particulièrement mobiles.


Des renforts signalés en provenance de Ngungu


Selon les informations recueillies sur place, l’AFC/M23 aurait renforcé ses effectifs et ses moyens logistiques dans les environs de Ngungu avant de relancer ses opérations vers les positions gouvernementales.


Ces mouvements avaient déjà été signalés durant les jours précédents, alimentant les craintes d’une nouvelle phase d’affrontements sur l’axe Ngungu–Remeka.


Le 22 septembre, des sources civiles et militaires faisaient déjà état d’attaques répétées contre plusieurs positions récemment reprises par les FARDC et les Wazalendo dans cette zone.


Radio Okapi rapportait notamment des détonations autour de Miano et dans plusieurs villages proches de Remeka, alors que les deux camps cherchaient à consolider ou récupérer leurs positions.


Remeka avait changé de contrôle quelques jours plus tôt


La reprise actuelle des combats doit être replacée dans une succession rapide d’offensives et de contre-offensives enregistrées depuis la mi-septembre dans le territoire de Masisi.


Les FARDC et les Wazalendo avaient annoncé avoir repris plusieurs localités précédemment occupées par l’AFC/M23, notamment Miko, Remeka, Kaleta, Katuunda et Kasake.


Ces avancées avaient été enregistrées autour du 16 septembre après plusieurs jours de combats dans le groupement Ufamandu 1er.


Les combattants de l’AFC/M23 s’étaient alors repliés vers la zone de Ngungu, où des renforts avaient ensuite été signalés.


Actualite.cd rapporte ce vendredi que ces renforts ont précédé la nouvelle offensive contre Remeka.


Un axe stratégique autour de Ngungu


La multiplication des affrontements autour de Remeka ne relève pas uniquement du contrôle d’une seule localité.


La zone se trouve dans un environnement stratégique reliant plusieurs positions du groupement Ufamandu 1er aux environs de Ngungu.


Depuis plusieurs semaines, les combats se déplacent régulièrement entre Remeka, Miano, Kasake, Miko et les collines environnantes.


Ngungu constitue pour sa part un point important de cette ligne de front. Les mouvements militaires observés autour de cette localité pourraient influencer l’évolution des combats sur plusieurs axes du territoire de Masisi.


Il reste néanmoins prématuré d’affirmer qu’un camp dispose désormais d’un contrôle durable de l’ensemble de la zone. Les dernières semaines ont montré que certaines localités peuvent changer rapidement de mains après une offensive ou une contre-offensive.


Une guerre de positions qui s’intensifie


Depuis le début du mois de septembre, plusieurs fronts se sont ouverts ou réactivés dans les territoires de Masisi et de Walikale.


Les forces gouvernementales et leurs alliés Wazalendo ont cherché à reconquérir certaines positions, tandis que l’AFC/M23 mène régulièrement des attaques pour récupérer des localités perdues ou renforcer ses lignes.


Dans le secteur d’Osso-Banyungu et dans les groupements Ufamandu 1er, Ufamandu 2 et Nyamaboko 1er, plusieurs villages ont ainsi été directement touchés.


Des combats ont également été signalés récemment à Mukohwa, Mahanga, Mitimingi et autour de la colline de Burora.


Cette dispersion des fronts complique la stabilisation de la zone et oblige les différentes forces à déplacer régulièrement leurs unités et leurs moyens logistiques.


Les civils de nouveau contraints de fuir


Pour les populations, l’alternance entre accalmies et reprises des combats crée une situation particulièrement difficile.


Des habitants de Remeka qui avaient commencé à regagner leurs domiciles après les précédentes avancées des forces gouvernementales avaient déjà quitté de nouveau la localité en début de semaine, craignant une reprise des affrontements.


Les mouvements de population concernent également plusieurs villages environnants. Certaines familles se déplacent vers des zones jugées momentanément plus sûres, tandis que d’autres cherchent refuge dans des localités voisines du territoire de Walikale.


La répétition de ces déplacements fragilise davantage des ménages qui ont parfois quitté leurs villages plusieurs fois en quelques semaines.


Pas encore de bilan indépendant des combats de ce vendredi


Au moment de la rédaction, aucun bilan humain consolidé et indépendamment vérifié n’était disponible concernant les affrontements du 25 septembre à Remeka.


Aucune estimation définitive des pertes dans les deux camps ni des éventuelles victimes civiles ne doit donc être considérée comme établie à ce stade.


La situation demeure également trop mouvante pour confirmer un changement définitif de contrôle de Remeka.


Les informations provenant des zones de combat restent difficiles à vérifier rapidement, les différentes parties diffusant parfois des versions divergentes de l’évolution du front.


Les combats se poursuivent malgré les processus diplomatiques


La reprise des affrontements intervient alors que plusieurs mécanismes diplomatiques cherchent parallèlement à réduire les hostilités dans l’Est de la RDC.


Les processus de Doha, de Washington et les mécanismes régionaux de vérification demeurent en cours, mais les combats continuent sur plusieurs lignes de front.


La persistance de ces affrontements illustre l’écart qui subsiste entre les engagements diplomatiques et leur traduction effective sur le terrain.


Les deux parties s’accusent régulièrement de violations des engagements de cessez-le-feu, ce qui rend particulièrement importante la vérification indépendante des incidents.


Une situation déjà préoccupante en début de semaine


Trois jours avant les combats de ce vendredi, Radio Okapi faisait déjà état d’une forte instabilité dans plusieurs zones du Masisi.


Le média rapportait des affrontements sur l’axe Ngungu, autour de Remeka ainsi que dans le secteur de Katoyi, où des groupes Wazalendo tentaient également de reprendre certaines positions.


Selon Radio Okapi, les deux camps cherchaient alors à consolider leurs gains territoriaux dans plusieurs localités du Masisi.


La nouvelle offensive de Remeka confirme que cette dynamique reste active.


Remeka, symbole d’un front toujours mouvant


En quelques jours, Remeka est devenue l’un des exemples les plus visibles de la mobilité des lignes de front dans le Masisi.


Reprise par les forces gouvernementales, menacée ensuite par de nouveaux mouvements de troupes puis de nouveau théâtre de combats, la localité reste exposée à des offensives successives.


Pour les FARDC et les Wazalendo, l’enjeu consiste désormais à conserver les positions reconquises et empêcher l’AFC/M23 de rétablir son contrôle sur l’axe.


Pour l’AFC/M23, les attaques observées ces derniers jours semblent viser à reprendre des positions perdues et à maintenir une pression militaire autour de Ngungu.


Pour la population, la priorité reste toutefois différente : obtenir une accalmie suffisamment durable pour pouvoir regagner les villages sans être contrainte de fuir quelques jours plus tard.


L’évolution des combats dans les prochaines heures permettra de déterminer si l’offensive de ce vendredi aboutit à une nouvelle modification des lignes de contrôle ou si les forces gouvernementales parviennent à maintenir leurs positions autour de Remeka.