Le naufrage du MV MJP, survenu mercredi 23 septembre 2026 sur le lac Tanganyika, prend une dimension beaucoup plus préoccupante avec la communication d’un premier bilan officiel provisoire.
Présent à Kabimba, le ministre provincial des Transports et Voies de communication du Tanganyika a confirmé que 36 personnes avaient déjà été retrouvées vivantes, parmi lesquelles quatre enfants, tandis que 39 autres étaient toujours portées disparues.
Ce décompte porte à 75 le nombre de personnes actuellement prises en compte dans le bilan communiqué, mais il devra encore être confronté au manifeste du voyage et aux informations recueillies auprès de l’équipage, des rescapés et des familles.
Bilan provisoire : 36 rescapés, dont quatre enfants, et 39 personnes portées disparues. Aucun décès ne doit être déduit du nombre de disparus tant que les recherches et les opérations d’identification ne sont pas achevées.
Le naufrage s’est produit dans les eaux de Mapera
Le MV MJP avait quitté Kigoma, en Tanzanie, pour rejoindre Kalemie lorsqu’il a chaviré au large de la cité de Kabimba, dans les eaux du village de Mapera.
Les premières informations publiées quelques heures après l’accident faisaient état d’un bateau en difficulté et de l’intervention rapide de pêcheurs locaux, sans qu’un bilan fiable soit alors disponible.
TRACE Kalemie avait rapporté dès mercredi le chavirement du MV MJP, précisant que le navire effectuait la liaison Kigoma–Kalemie et que des pêcheurs de Kabimba figuraient parmi les premiers intervenants.
Un autre média local, Identité News, avait également situé l’incident dans les eaux de Mapera et évoqué les premières opérations de secours.
Trente-six rescapés déjà retrouvés
Le nouveau bilan communiqué par le ministre provincial constitue une évolution majeure par rapport aux premières heures du drame.
Trente-six personnes ont jusqu’ici été retrouvées vivantes. Parmi elles figurent quatre enfants, selon les précisions données par l’autorité provinciale chargée des Transports.
Les conditions dans lesquelles ces personnes ont été secourues restent à documenter dans le détail. Dès les premières heures, des pêcheurs avaient rejoint la zone du chavirement pour tenter de récupérer les occupants du navire.
Les témoignages disponibles montrent ainsi que les premiers secours ont largement reposé sur les embarcations présentes dans le secteur avant la mobilisation progressive des services compétents.
Trente-neuf personnes encore recherchées
La principale inquiétude porte désormais sur les 39 personnes portées disparues.
À ce stade, elles ne doivent pas être considérées comme décédées. Le statut de disparu signifie qu’elles n’ont pas encore été retrouvées ou identifiées dans le cadre du bilan disponible.
Les opérations de recherche doivent donc permettre de déterminer si certaines ont pu atteindre les rives, être récupérées par d’autres embarcations ou demeurent encore dans les eaux du lac.
La publication d’un manifeste fiable du voyage sera également déterminante pour établir le nombre exact de passagers et de membres d’équipage qui se trouvaient à bord au départ de Kigoma.
Les autorités mettent en cause les conditions de chargement
Le ministre provincial des Transports, le conseiller du gouverneur chargé des questions de transport et le commissaire maritime, présents à Kabimba, ont pointé du doigt les conditions dans lesquelles le bateau aurait été chargé.
Selon les informations recueillies sur place, ils estiment qu’un mauvais chargement a joué un rôle dans le naufrage.
Cette nouvelle appréciation officielle va plus loin que les premières hypothèses formulées mercredi par des témoins, qui évoquaient déjà un déséquilibre dans la répartition de la cargaison associé aux conditions venteuses observées sur le lac.
Il reste cependant nécessaire de distinguer plusieurs notions : un mauvais arrimage ou une mauvaise répartition de la cargaison ne signifie pas nécessairement qu’une surcharge globale est déjà démontrée.
Les autorités ont également évoqué une capacité du bateau estimée à 550 tonnes. Cette donnée devra être confrontée aux documents techniques et au certificat de navigabilité du MV MJP, ainsi qu’au poids réel de la cargaison embarquée à Kigoma.
Ce que l’enquête devra établir : la capacité autorisée du navire, le poids réellement embarqué, la répartition des charges, l’arrimage des marchandises, les conditions météorologiques, l’état technique du bateau et les décisions prises par l’équipage avant le chavirement.
Des véhicules et des marchandises également perdus
Interrogés à Kabimba par un correspondant de Ndenga News, des rescapés ont également fait état d’importantes pertes matérielles.
Ils citent notamment des sacs de farine, des véhicules ainsi que d’autres biens transportés à bord du MV MJP.
La quantité exacte de marchandises perdues et leur valeur financière ne sont pas encore connues. Il n’est pas non plus possible, à ce stade, de déterminer quelle part de la cargaison pourra éventuellement être récupérée.
Ces témoignages devront être rapprochés du manifeste de cargaison et des déclarations douanières ou portuaires enregistrées avant le départ de Kigoma.
Le vent reste évoqué parmi les facteurs possibles
Les conditions météorologiques observées sur le lac continuent également d’être citées parmi les facteurs susceptibles d’avoir aggravé la situation.
Des témoins avaient évoqué dès mercredi un vent important au moment du chavirement. Toutefois, le rôle exact de ce facteur ne pourra être établi qu’après examen des données météorologiques disponibles et des témoignages de l’équipage et des rescapés.
Un navire dont la charge est déséquilibrée peut devenir davantage vulnérable aux mouvements du lac. Mais déterminer l’enchaînement précis ayant conduit au basculement du MV MJP nécessitera une expertise technique.
Une liaison commerciale importante entre Kigoma et Kalemie
L’axe Kigoma–Kalemie constitue une liaison essentielle pour le déplacement des personnes et des marchandises entre la Tanzanie et la province du Tanganyika.
Les bateaux qui empruntent cette route transportent régulièrement des produits alimentaires, des véhicules, du carburant et différents biens destinés à l’approvisionnement de Kalemie et de plusieurs autres localités de la province.
Cette importance économique rend la sécurité de la navigation particulièrement sensible. Un incident majeur peut avoir des conséquences humaines immédiates, mais également entraîner des pertes commerciales et perturber certaines chaînes d’approvisionnement.
TRACE Kalemie avait déjà soulevé la question de la sécurité lacustre
Le naufrage du MV MJP intervient alors que plusieurs incidents ont récemment remis la sécurité de la navigation sur le lac Tanganyika au centre des préoccupations.
Dans son premier article consacré au MV MJP, TRACE Kalemie avait déjà souligné les questions relatives au contrôle du chargement, à la capacité des embarcations, à la surveillance météorologique et aux équipements de sauvetage.
Le média local avait auparavant documenté d’autres situations de détresse sur le lac, notamment le sauvetage de quatorze personnes lors d’un incident sur une liaison entre la Tanzanie et Kalemie.
Ces précédents n’expliquent pas automatiquement le naufrage du MV MJP, mais ils renforcent les interrogations sur l’application effective des règles de sécurité sur les liaisons lacustres.
Le précédent récent du bateau Pacifique
Le drame intervient également quelques semaines après l’incendie du bateau Pacifique au port de Kigoma, en Tanzanie, alors que celui-ci était engagé dans des opérations liées à son chargement.
Ce précédent avait déjà profondément marqué les usagers de la liaison entre la Tanzanie et le Tanganyika congolais.
Les deux événements sont de nature différente et aucune relation technique ne peut être établie entre eux. Leur proximité dans le temps alimente toutefois les préoccupations concernant les procédures de contrôle, la préparation des traversées et la gestion des risques sur le lac.
Une enquête technique désormais indispensable
Avec la communication d’un premier bilan humain, l’attention se déplace désormais vers deux priorités : retrouver les personnes portées disparues et déterminer les causes du naufrage.
Les investigations devront notamment vérifier si les règles relatives au tonnage, à l’arrimage et à la répartition de la cargaison ont été respectées au départ de Kigoma.
Il faudra également déterminer quels contrôles ont été effectués avant l’autorisation de départ, quels équipements de sauvetage étaient disponibles et si le nombre de passagers correspondait aux capacités autorisées du navire.
La coopération entre les services congolais et tanzaniens pourrait être nécessaire, une partie essentielle des opérations de chargement et des contrôles ayant eu lieu au port de départ en Tanzanie.
Un bilan appelé à évoluer
Les chiffres de 36 rescapés et 39 disparus constituent un bilan provisoire communiqué alors que les recherches se poursuivent.
Ils peuvent donc évoluer dans les prochaines heures en fonction des personnes retrouvées, des identifications effectuées et de la consolidation du manifeste du bateau.
Pour les familles, l’urgence reste d’obtenir des informations fiables sur leurs proches. Pour les autorités, le défi sera ensuite d’aller au-delà du constat et d’établir les responsabilités éventuelles afin de déterminer si ce naufrage pouvait être évité.



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