La délégation congolaise prend progressivement position à New York avant l’ouverture du débat général de la 81e Assemblée générale des Nations Unies. La ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, est arrivée dimanche 20 septembre 2026 aux États-Unis pour participer à cette séquence diplomatique mondiale aux côtés de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
La cheffe du gouvernement a été mandatée par le président Félix Tshisekedi pour représenter la République démocratique du Congo lors des travaux de haut niveau. La présence de Thérèse Kayikwamba doit, elle, donner à la délégation une capacité accrue de mener simultanément les échanges multilatéraux et les nombreuses rencontres bilatérales qui accompagnent traditionnellement la semaine de l’Assemblée générale.
L’enjeu pour Kinshasa sera de faire entendre ses positions sur les grands dossiers internationaux tout en défendant des priorités directement liées à la situation congolaise : paix et sécurité, coopération internationale, développement durable, investissements et consolidation des partenariats.
Un tandem Suminwa–Kayikwamba à New York
La répartition des rôles place Judith Suminwa au premier plan de la représentation politique congolaise, tandis que Thérèse Kayikwamba occupe naturellement une position centrale dans le volet diplomatique de la mission.
Cette configuration permettra notamment à la délégation de participer à plusieurs rendez-vous parallèles dans une semaine où les agendas des dirigeants, ministres et organisations internationales se superposent.
Le ministère congolais des Affaires étrangères indique que Kayikwamba contribuera, aux côtés de la Première ministre, à porter la voix du pays dans les échanges consacrés aux grands enjeux internationaux ainsi qu’à la défense des intérêts et priorités de la RDC.
À retenir : Judith Suminwa représente officiellement la RDC au plus haut niveau à l’Assemblée générale, tandis que la présence de Thérèse Kayikwamba renforce le dispositif diplomatique congolais pour les négociations, réunions ministérielles et rencontres bilatérales en marge des travaux.
La paix et la sécurité devraient rester incontournables
Pour la RDC, la séquence new-yorkaise se déroule alors que les questions de paix et de sécurité restent au cœur de son agenda international.
La situation dans l’Est, les processus diplomatiques en cours, le rôle de la MONUSCO et les mécanismes de vérification du cessez-le-feu ont occupé une place importante dans les échanges menés ces dernières semaines par Thérèse Kayikwamba avec les Nations Unies.
Le 14 septembre, à Kinshasa, la ministre avait notamment reçu James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la MONUSCO. Les discussions avaient porté sur le mandat de la Mission, le Mécanisme conjoint de vérification élargi, les processus de paix et la coopération entre Kinshasa et l’ONU.
La présence de la RDC au Conseil de sécurité renforce par ailleurs son exposition diplomatique. Le pays fait partie des dix membres non permanents de l’organe pour la période 2026-2027, ce qui lui donne une place directe dans les débats portant sur la paix et la sécurité internationales.
Une semaine de haut niveau particulièrement dense
La 81e session de l’Assemblée générale s’est ouverte le 8 septembre à New York. Son débat général, moment le plus visible de la session, commence le 22 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 28 septembre.
Les Nations Unies ont placé la session sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations Unies qui apportent des résultats pour tous ».
Outre les interventions nationales à la tribune, plusieurs réunions de haut niveau sont programmées sur des questions telles que l’action climatique, le droit au développement, l’élévation du niveau de la mer, la prévention des pandémies et la lutte contre le racisme.
Cette concentration de responsables internationaux offre aux délégations une plateforme diplomatique qui dépasse largement les séances officielles de l’Assemblée générale.
Les rencontres bilatérales, autre enjeu de la mission
Pour Kinshasa, une partie importante de la semaine devrait ainsi se jouer dans les réunions organisées en marge de l’Assemblée générale.
La Primature a déjà annoncé des échanges avec plusieurs partenaires et interlocuteurs autour des investissements et des partenariats économiques. Le gouvernement cherche ainsi à associer son plaidoyer sécuritaire à une diplomatie davantage tournée vers le développement et la mobilisation de capitaux.
Cette approche permet à la RDC de présenter ses préoccupations sécuritaires tout en mettant en avant ses ambitions économiques, ses ressources naturelles, ses infrastructures et les opportunités de coopération qu’elle entend développer.
La composition de la délégation, avec la Première ministre et la ministre des Affaires étrangères, facilite cette double approche : dialogue politique au plus haut niveau d’un côté, discussions diplomatiques sectorielles de l’autre.
Une RDC présente dans plusieurs enceintes onusiennes
La mission intervient aussi dans une période où Kinshasa cherche à accroître son influence dans le système multilatéral.
La RDC siège actuellement au Conseil de sécurité, où elle dispose d’un mandat jusqu’à la fin de l’année 2027. Elle a déjà utilisé cette position pour mettre à l’agenda plusieurs sujets liés à la sécurité, aux ressources naturelles et aux conflits.
Thérèse Kayikwamba possède en outre une expérience directe du système des Nations Unies, ayant travaillé auparavant au sein de missions de maintien de la paix, notamment à la MONUSCO et à la MINUSCA. Depuis son arrivée à la tête de la diplomatie congolaise, elle a régulièrement représenté Kinshasa dans les instances multilatérales.
À New York, cette expérience devrait notamment être mobilisée dans les rencontres ministérielles et les discussions liées aux dossiers africains et à la région des Grands Lacs.
Une délégation attendue sur les résultats
La forte visibilité d’une participation à l’Assemblée générale ne constitue toutefois pas, à elle seule, un résultat diplomatique. L’enjeu pour la délégation congolaise sera de traduire les rencontres en engagements vérifiables : soutiens politiques, avancées dans les processus de paix, coopérations nouvelles ou partenariats économiques.
Le contenu précis des entretiens de Judith Suminwa et de Thérèse Kayikwamba permettra donc de mesurer progressivement ce que la RDC aura obtenu ou consolidé au cours de la semaine.
À partir du 22 septembre, la délégation congolaise entrera dans la phase la plus intense de son programme. Entre tribune onusienne, réunions multilatérales et diplomatie bilatérale, Kinshasa entend utiliser New York comme un espace où sécurité nationale, coopération internationale et intérêts économiques peuvent être défendus dans une même séquence.



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