Des bougies ont été allumées jeudi 1er octobre 2026 au pied de l’échangeur de Limete, à Kinshasa, en mémoire des victimes et survivants des conflits armés qui ont marqué la République démocratique du Congo. Organisée par Amnesty International, la « Nuit de bougies » associe recueillement, solidarité et plaidoyer en faveur de la justice.
La cérémonie a réuni des défenseurs des droits humains, des victimes et d’autres participants venus rappeler les conséquences humaines de plusieurs décennies de violences, particulièrement dans l’Est du pays.
« Chaque bougie représente une vie »
Pour Amnesty International, les lumières allumées à Kinshasa doivent d’abord conserver la mémoire des personnes touchées par les conflits et les violations des droits humains.
« Chaque bougie que nous avons allumée ce soir représente une vie, une histoire, une famille », a déclaré Flavia Mwangovya, directrice régionale adjointe du Bureau régional Afrique de l’Est et australe d’Amnesty International.
La responsable a présenté la cérémonie comme un moment de mémoire, de recueillement et de solidarité, mais également comme une façon de rappeler que les victimes et les survivants ont droit à la vérité, à la justice et à la réparation.
Des personnes ayant vécu ou été affectées par les violences ont également livré leurs témoignages au cours de la soirée, selon l’Agence congolaise de presse.
Six millions de voix recherchées pour la justice
La « Nuit de bougies » s’inscrit dans la campagne plus large d’Amnesty International intitulée « 6 millions de voix pour la justice au Congo ». L’organisation veut recueillir six millions de signatures afin de renforcer son plaidoyer en faveur de mécanismes judiciaires capables d’enquêter sur les crimes de droit international commis en RDC.
La campagne demande notamment la création d’un mécanisme judiciaire internationalisé pour les crimes commis entre 1993 et 2003 ainsi que l’adoption de chambres mixtes au sein des juridictions congolaises pour traiter les crimes de droit international.
Amnesty International avait officiellement lancé cette campagne en juin 2026. L’organisation demande également que le 1er octobre devienne une journée annuelle de réflexion et d’action consacrée aux crimes de droit international commis en RDC. Cette date correspond à la publication, en 2010, du rapport Mapping des Nations unies consacré aux violations graves commises entre 1993 et 2003.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Selon Flavia Mwangovya, le volet « Nuit de bougies » doit se poursuivre pendant deux ans à travers différentes initiatives en RDC et à l’étranger.
Des activités sont notamment annoncées dans les villes où Amnesty International dispose d’une présence, avec l’ambition de maintenir la question des victimes congolaises dans le débat public national et international.
L’organisation entend parallèlement poursuivre son plaidoyer auprès des autorités congolaises, des partenaires internationaux et des institutions concernées par les mécanismes de justice transitionnelle.
Dans sa campagne officielle, Amnesty International demande notamment que les responsables présumés des crimes les plus graves puissent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites dans le respect des procédures judiciaires.
Entre mémoire et lutte contre l’impunité
La cérémonie de Limete intervient dans un contexte où la question de la justice pour les crimes commis au cours des différentes guerres en RDC reste régulièrement soulevée par les organisations de défense des droits humains.
Plusieurs recommandations du rapport Mapping publié par les Nations unies en 2010, notamment celles portant sur des mécanismes spécialisés de justice, continuent d’alimenter les discussions sur la lutte contre l’impunité.
Avec les bougies allumées à Kinshasa, Amnesty International cherche ainsi à maintenir une double exigence : préserver la mémoire des victimes et pousser les institutions à transformer les engagements en faveur de la justice en mécanismes concrets et accessibles aux survivants.



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