Une semaine après sa disparition accidentelle au Congo-Brazzaville, Miguel Masaisai doit regagner ce vendredi 25 septembre 2026 la République démocratique du Congo pour son dernier voyage.
Selon Claude Mbuyi, président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), la dépouille du jeune cycliste est attendue à Kinshasa à 10 heures, via le Beach Ngobila. Elle doit ensuite être transférée à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente de la publication du programme officiel des obsèques.
À retenir : l’arrivée de la dépouille est annoncée pour ce vendredi 25 septembre à 10 heures au Beach Ngobila. Le programme détaillé des obsèques n’avait pas encore été officiellement communiqué au moment de la rédaction.
Une délégation congolaise avait été envoyée au Congo-Brazzaville
Le rapatriement intervient après plusieurs jours de démarches administratives, diplomatiques et judiciaires menées en République du Congo.
Une délégation congolaise avait rejoint Brazzaville le 21 septembre afin d’accompagner les procédures nécessaires et de suivre les investigations relatives à l’accident.
Cette mission réunissait notamment des représentants du Conseil national de la jeunesse, du ministère des Sports, de la Fédération congolaise de cyclisme, de la famille du défunt et de la communauté Nande. Elle était placée sous la supervision de l’ambassade de la RDC en République du Congo.
La délégation devait également se rendre à Ouesso, dans le nord du pays, où la dépouille avait été conservée après l’accident. Radio Okapi avait documenté cette mission de rapatriement.
Un accident survenu sur la route vers le Cameroun
Miguel Masaisai est décédé vendredi 18 septembre dans un accident de circulation survenu dans le nord de la République du Congo, sur l’axe menant vers la frontière camerounaise.
Les premières informations recueillies par plusieurs médias congolais situent l’accident à Kabos, à environ neuf kilomètres de Ntam.
Le cycliste avait rencontré un problème avec son vélo et avait pris place dans un véhicule afin de rejoindre un endroit où il espérait effectuer une réparation avant de poursuivre son parcours.
Le véhicule a ensuite été impliqué dans un accident. Quatre personnes ont perdu la vie, selon les témoignages recueillis après le drame. Les circonstances exactes de la collision ont fait l’objet de démarches auprès des autorités congolaises.
Après plusieurs heures d’incertitude et des informations contradictoires circulant sur les réseaux sociaux, la famille de Miguel Masaisai avait finalement confirmé son décès le 19 septembre.
Un périple interrompu sur la route de Rabat
Miguel Masaisai était engagé depuis le 1er mai dans un long voyage à vélo baptisé « Pedals for Peace ».
Parti de Goma, dans le Nord-Kivu, il ambitionnait de rejoindre Rabat, au Maroc, après avoir traversé plusieurs pays africains. À travers ce périple, le jeune cycliste voulait porter un message en faveur de la paix, de l’unité et de la cohésion sociale, avec une attention particulière portée aux populations affectées par les conflits dans l’Est de la RDC.
Il avait traversé une grande partie de la République démocratique du Congo avant d’atteindre Kinshasa le 5 août, après plus de 6 500 kilomètres parcourus.
Après plusieurs semaines dans la capitale consacrées notamment aux démarches administratives nécessaires à la poursuite de son voyage, il avait repris la route le 6 septembre.
Ce jour-là, accompagné de cyclistes, motards et sympathisants, Miguel avait quitté le Palais du Peuple avant de rejoindre le Beach Ngobila et de traverser le fleuve Congo vers Brazzaville.
Ironie douloureuse du calendrier, c’est par ce même Beach Ngobila que sa dépouille doit revenir à Kinshasa ce vendredi.
« Son message continue sa route »
Depuis l’annonce du décès, plusieurs hommages ont été rendus au jeune cycliste.
Claude Mbuyi, président du Conseil national de la jeunesse, avait résumé l’émotion provoquée par sa disparition par une formule devenue largement reprise :
« Miguel s’arrête en route, mais son message continue sa route. »
Le CNJ a également engagé un plaidoyer afin que la mémoire du cycliste et le message porté par « Pedals for Peace » soient préservés au-delà des cérémonies funéraires.
À Kinshasa, des cyclistes professionnels et amateurs avaient déjà organisé le 20 septembre une sortie en son hommage, du Palais du Peuple jusqu’au stade des Martyrs en passant par plusieurs artères de la capitale.
Une minute de silence au stade des Martyrs
L’hommage à Miguel Masaisai a également atteint le football congolais.
Avant le coup d’envoi de la rencontre entre la RDC et la Guinée équatoriale, jeudi 24 septembre au stade des Martyrs, une minute de silence a été observée en sa mémoire.
Ce geste est intervenu quelques heures avant le rapatriement annoncé de sa dépouille et témoigne de l’écho national pris par son parcours depuis son décès.
Le programme des obsèques encore attendu
Après son arrivée au Beach Ngobila, la dépouille doit être conduite à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire.
Les proches, la famille, les responsables du Conseil national de la jeunesse et les autres structures impliquées attendent désormais la publication du programme officiel des funérailles.
Les modalités de l’exposition du corps, des hommages institutionnels, de la cérémonie funéraire ainsi que le lieu et la date définitive de l’inhumation devront être précisés dans ce programme.
Il convient donc de distinguer les demandes formulées publiquement en faveur d’un hommage national des décisions effectivement arrêtées par les autorités. Toute éventuelle décoration posthume ou autre mesure commémorative devra être confirmée officiellement.
Le retour d’un jeune parti pour porter un message de paix
Le rapatriement de ce vendredi clôt symboliquement un trajet commencé plusieurs mois auparavant dans un tout autre contexte.
Le 6 septembre, Miguel Masaisai traversait encore le Beach Ngobila avec son vélo, déterminé à poursuivre son voyage vers le nord du continent. Dans une vidéo réalisée avant de rejoindre Brazzaville, il avait appelé les populations de l’Est à « garder espoir » et assuré que son parcours resterait consacré à la recherche de la paix.
Moins de trois semaines plus tard, sa dépouille emprunte le chemin inverse.
Son objectif d’atteindre Rabat n’aura pas été achevé. Mais la mobilisation déclenchée depuis sa disparition montre que le message attaché à « Pedals for Peace » dépasse désormais le périple physique de son initiateur.
À Kinshasa, l’attention se porte désormais sur l’arrivée de la dépouille et sur le programme des obsèques qui doit permettre à sa famille, au monde sportif et au public de lui rendre un dernier hommage.



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