La Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC) entend inscrire sa participation au débat sur le dialogue national dans une logique qu’elle présente comme centrée sur les préoccupations de la population. Lors d’un point de presse animé par son président national, Me Dolly Mwanza wa Mwanza, la formation politique a également réaffirmé son attachement à l’État de droit, à la justice et aux voies légales de règlement des différends politiques.


Dolly Mwanza occupe également les fonctions de coordonnateur national adjoint de l’Opposition républicaine 26 (OPR26), plateforme lancée en août 2026 et dirigée par le sénateur Jean-Claude Baende Etafe Eliko. Cette coalition affirme vouloir se positionner comme une opposition axée sur le dialogue politique et les propositions plutôt que sur une logique de confrontation.


La NOGEC prend acte de la décision dans l’affaire FRIVAO


La formation politique est notamment revenue sur la condamnation de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba dans l’affaire liée au Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).


Le 18 septembre 2026, la Cour de cassation a condamné Constant Mutamba à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics. L’ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, Chançard Bolukola, a pour sa part été condamné à sept ans. La Cour a également ordonné la restitution au FRIVAO de plusieurs sommes concernées par son arrêt.


Constant Mutamba a rejeté cette condamnation et dénoncé une décision qu’il qualifie de politique et d’arbitraire. Cette contestation constitue sa position, tandis que la condamnation demeure la décision rendue par la Cour de cassation.


Dans sa communication, la NOGEC dit prendre acte de la décision judiciaire et soutient qu’aucune fonction ou appartenance politique ne devrait soustraire un citoyen à l’application de la loi.


La NOGEC demande notamment que les décisions judiciaires relatives aux fonds du FRIVAO soient effectivement exécutées et que les ressources destinées aux victimes remplissent leur finalité conformément au droit.

L’OPR26 veut arriver au dialogue avec des revendications recueillies sur le terrain


Sur le volet politique, Dolly Mwanza a présenté les déplacements effectués par des responsables de l’OPR26 comme une démarche destinée à consulter directement les populations avant les futures discussions nationales.


La plateforme cite notamment des étapes à Mbandaka, Bikoro et Lolanga, dans l’espace de l’Équateur, ainsi qu’à Kananga et Demba, au Kasaï-Central. La présence de responsables de l’OPR26 à Mbandaka lors du lancement de ses activités de terrain en août est documentée publiquement. La liste complète des autres étapes évoquées lors du point de presse repose, à ce stade, sur la communication de la plateforme.


Selon la NOGEC, ces consultations ont principalement fait remonter des préoccupations liées à l’accès à l’eau potable et à l’électricité, aux routes et autres infrastructures, à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à la sécurité ainsi qu’au pouvoir économique des ménages.


Une participation présentée comme autre chose qu’un arrangement politique


L’OPR26 affirme que sa participation au dialogue national ne devrait pas avoir pour finalité un simple repositionnement des acteurs politiques. La plateforme dit vouloir utiliser ce cadre pour inscrire à l’ordre du jour les difficultés exprimées par les citoyens.


Cette position intervient alors que le président Félix Tshisekedi a officiellement lancé, fin août, un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Le processus annoncé doit notamment comporter des consultations dans les provinces avant des assises nationales à Kinshasa.


Cette architecture rejoint, sur le principe, l’insistance de l’OPR26 sur les préoccupations recueillies à la base. Les modalités du dialogue et les positions des différentes forces politiques continuent néanmoins de faire l’objet de discussions.


Le dialogue reste au centre de divergences entre acteurs politiques


Le chef de la MONUSCO, James Swan, a lui aussi appelé fin septembre les acteurs congolais à privilégier un dialogue inclusif, une large participation et la recherche du consensus. Plusieurs coalitions d’opposition ont toutefois formulé leurs propres exigences sur la facilitation, le format et les garanties entourant le processus.


L’OPR26 adopte une ligne différente de certaines composantes plus critiques de l’opposition. Depuis son lancement le 7 août, elle se présente comme une plateforme d’« opposition républicaine » favorable au dialogue et à la participation aux mécanismes institutionnels.


Cette orientation relève du positionnement politique revendiqué par ses dirigeants et ne signifie pas que l’ensemble des formations de l’opposition partage la même lecture du dialogue annoncé.


La souveraineté nationale mise en avant


La NOGEC a enfin insisté sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, qu’elle présente comme des principes devant rester au-dessus des divergences partisanes.


Selon Dolly Mwanza, les désaccords politiques doivent être réglés par les idées, le débat démocratique et les mécanismes prévus par la loi. La formation politique entend ainsi inscrire son action dans une ligne qu’elle qualifie d’opposition républicaine et institutionnelle.


La portée de cette stratégie pourra notamment être appréciée lorsque le dialogue entrera dans sa phase opérationnelle : représentation de l’OPR26, contenu de son cahier de revendications et prise en compte effective des préoccupations recueillies au cours de ses déplacements seront alors des éléments à suivre.