À Munono, trouver de l’eau est devenu une tâche qui peut occuper plusieurs heures d’une journée. Situé à plus de 60 kilomètres du centre de Kongolo, dans la province du Tanganyika, le village fait face à une pénurie qui contraint de nombreux habitants à parcourir entre 6 et 7 kilomètres pour rejoindre la rivière Lwika, devenue l’une des principales sources d’approvisionnement pour les ménages.


La situation est d’autant plus difficile que Munono ne disposerait que d’un seul puits pour répondre aux besoins de la population. Selon les témoignages recueillis sur place, cet ouvrage est insuffisant et peut se retrouver sans eau disponible dès la soirée, poussant certaines familles à se tourner vers la rivière.


Dans ce village éloigné des principaux centres de services, la question de l’eau ne se résume plus à un problème de confort. Elle affecte directement l’organisation des familles, le temps consacré aux activités quotidiennes et la sécurité des personnes chargées de chercher de l’eau.


Jusqu’à 7 kilomètres pour atteindre la rivière Lwika


Pour de nombreux ménages, le recours à la rivière Lwika est devenu une solution par défaut. Ce cours d’eau, qui constitue une limite naturelle entre le Tanganyika et la province voisine du Maniema, se trouve à plusieurs kilomètres du village.


Les habitants doivent donc effectuer l’aller-retour à pied, souvent avec des bidons et d’autres récipients destinés à couvrir les besoins du ménage. Ces déplacements sont répétés en fonction de la consommation familiale et de la disponibilité de l’eau au puits du village.


La distance annoncée, entre 6 et 7 kilomètres, transforme une tâche élémentaire en véritable corvée. Pour les familles, chaque déplacement représente du temps qui ne peut être consacré aux activités économiques, domestiques, scolaires ou agricoles.


À retenir : Munono ne disposerait que d’un seul puits, jugé insuffisant par les habitants. Lorsque celui-ci ne permet plus de répondre aux besoins, certains ménages parcourent jusqu’à 7 kilomètres pour rejoindre la rivière Lwika.


Les femmes et les jeunes filles particulièrement exposées


Comme dans de nombreuses communautés rurales, la recherche de l’eau repose largement sur les femmes et les jeunes filles. À Munono, cette responsabilité prend une dimension supplémentaire lorsque les déplacements doivent être effectués tard dans la journée ou pendant la nuit.


« Nous sommes des femmes et des jeunes filles. La nuit, quand nous partons chercher de l’eau, nous sommes exposées aux violences sexuelles », témoigne une habitante.


Ce témoignage exprime avant tout un sentiment d’insécurité lié aux déplacements nocturnes. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir qu’un nombre déterminé d’agressions sexuelles liées à la recherche de l’eau ait été enregistré dans le village. Elles montrent néanmoins que certaines habitantes considèrent ces trajets comme un facteur d’exposition au danger.


L’absence d’un approvisionnement de proximité oblige ainsi une partie de la population à choisir entre attendre, réduire sa consommation ou se déplacer sur plusieurs kilomètres, parfois à des heures où les conditions de sécurité sont moins favorables.


Un seul puits pour répondre aux besoins du village


Le principal problème signalé par les habitants reste l’insuffisance des infrastructures hydrauliques. Munono ne compterait actuellement qu’un seul puits accessible à la communauté.


Selon les témoignages recueillis, sa capacité ne suffit pas à répondre durablement à la demande. À certaines périodes de la journée, et notamment en soirée, les habitants peuvent ne plus y trouver suffisamment d’eau.


Cette dépendance à une infrastructure unique rend le village particulièrement vulnérable. Une baisse du niveau de l’eau, une panne ou une dégradation de l’ouvrage peut immédiatement contraindre davantage de familles à se tourner vers la rivière.


Les informations disponibles ne précisent pas la capacité du puits, son mode d’alimentation, son état technique ni le nombre exact de ménages qui en dépendent. Ces éléments permettraient de mesurer plus précisément l’ampleur du déficit.


L’accès à l’eau, un enjeu de santé et de dignité


Au-delà des distances parcourues, la dépendance à une rivière pose également la question de la qualité de l’eau consommée. Aucun résultat d’analyse sanitaire de l’eau de la Lwika n’a été communiqué dans les informations disponibles.


Il serait donc imprudent d’affirmer qu’elle est impropre à la consommation sans données techniques. Mais l’absence d’une source d’eau potable suffisamment accessible laisse les familles avec peu d’alternatives et renforce leur dépendance à des points d’approvisionnement dont la qualité et la disponibilité ne sont pas toujours documentées.


La problématique touche également à la dignité. L’accès à l’eau conditionne l’hygiène, la préparation des repas, le nettoyage des habitations et de nombreuses autres activités essentielles de la vie quotidienne.


La population appelle à de nouveaux points d’eau


Face à cette situation, des habitants demandent l’intervention des autorités politico-administratives ainsi que des organisations humanitaires et de développement.


Leur principale revendication porte sur l’aménagement de nouveaux points d’eau potable à proximité du village afin de réduire la dépendance au puits existant et les déplacements vers la rivière Lwika.


Une telle intervention nécessiterait notamment une évaluation des besoins de la population, l’identification de sources d’eau exploitables et la mise en place d’infrastructures adaptées à la taille du village.


Pour les habitants de Munono, l’urgence est cependant déjà perceptible au quotidien : disposer d’une eau accessible à proximité signifierait moins de kilomètres à parcourir, moins de temps consacré à la corvée d’eau et, pour les femmes et les jeunes filles, moins de déplacements nocturnes vécus comme une source d’insécurité.


En attendant une réponse institutionnelle, la rivière Lwika continue donc d’occuper une place centrale dans la vie de nombreux ménages de Munono. Une situation qui illustre, à l’échelle d’un village, les conséquences très concrètes du manque d’infrastructures essentielles dans certaines zones rurales du Tanganyika.