Le calme relatif observé depuis près de deux semaines dans une partie du groupement Kisimba a pris fin. Des affrontements ont repris samedi 26 septembre 2026 autour de Mindjendje, dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, remettant au premier plan trois hauteurs déjà disputées au début du mois : Kazumba, Kasumba et Tchad.


Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants Wazalendo, affrontent les éléments de l’AFC/M23 dans cette zone de la localité de Banakindi.


Selon plusieurs sources locales, les hostilités ont commencé dans la matinée et se poursuivaient encore dans l’après-midi. L’intensité des combats était telle que de fortes détonations étaient entendues jusqu’à Pinga, située à une dizaine de kilomètres de la zone des affrontements.


Le principal enjeu immédiat : la reprise des combats intervient sur des hauteurs qui entourent Mindjendje, une position ayant déjà changé de contrôle à plusieurs reprises en septembre. La situation demeure trop mouvante pour établir, à ce stade, un nouveau partage durable du terrain entre les belligérants.


Kazumba, Kasumba et Tchad de nouveau au centre des combats


Les collines de Kazumba, Kasumba et Tchad ne sont pas de nouveaux points de confrontation. Elles avaient déjà été le théâtre de combats au début du mois de septembre, lorsque les FARDC et les Wazalendo tentaient de reprendre plusieurs positions occupées par l’AFC/M23 dans le groupement Kisimba.


Le relief de cette partie de Walikale donne à ces hauteurs une importance particulière dans la surveillance des mouvements autour de Mindjendje, Luola et des localités environnantes.


Leur contrôle permet notamment aux forces qui y sont déployées de conserver des positions dominantes sur le terrain. Il convient toutefois d’éviter, en l’absence d’informations militaires détaillées, d’en déduire qu’une seule de ces collines déterminerait à elle seule le contrôle de l’ensemble du secteur.


Les lignes de front ont déjà montré leur grande mobilité au cours des dernières semaines.


Mindjendje avait été reprise par les FARDC mi-septembre


Le 15 septembre, les FARDC et les Wazalendo avaient repris Mindjendje après plusieurs heures de combats contre l’AFC/M23.


Le mouvement armé s’était alors retiré en direction de Malemo, dans le territoire voisin de Masisi, tandis que les forces gouvernementales annonçaient la consolidation de leurs positions dans la zone.


Cette reprise était elle-même intervenue quelques jours après une séquence inverse : le 10 septembre, Mindjendje avait basculé sous le contrôle de l’AFC/M23 à la suite d’intenses affrontements.


Cette succession d’offensives et de contre-offensives montre pourquoi toute annonce de contrôle territorial dans cette partie du Nord-Kivu doit être considérée avec prudence tant que la situation militaire n’est pas stabilisée.


La reprise de Mindjendje par les FARDC et les Wazalendo avait été rapportée le 16 septembre après les combats de la veille.


Une accalmie de courte durée


Après cette séquence, une accalmie relative s’était installée sur l’axe pendant près de deux semaines. Elle n’avait toutefois pas signifié la disparition de la menace.


Les différents camps avaient conservé leurs positions dans une région où les fronts entre Walikale et Masisi restent proches les uns des autres.


La reprise des hostilités ce samedi confirme que l’accalmie correspondait davantage à une interruption des combats qu’à une stabilisation durable du groupement Kisimba.


Cette distinction est importante pour les populations civiles, dont une partie avait déjà quitté les villages exposés lors des précédentes phases d’affrontements.


Un drone signalé dans la nuit, sans confirmation officielle


Des sources locales ont également signalé le survol nocturne de Pinga et des environs de la ligne de front par un drone qu’elles attribuent à l’AFC/M23.


Cette attribution n’avait pas été confirmée officiellement samedi et doit donc être considérée comme une information à vérifier.


Le recours à des drones avait néanmoins déjà été rapporté lors d’affrontements précédents autour de Mindjendje, notamment pendant les combats du 10 septembre.


Dans une zone où les informations circulent principalement à partir de témoignages locaux et de sources des différentes parties au conflit, l’identification de l’opérateur d’un aéronef ne peut être considérée comme établie sans confirmation indépendante.


Pinga entend de nouveau la guerre se rapprocher


La reprise des tirs est particulièrement suivie à Pinga. Des habitants y rapportaient samedi des détonations provenant du front, à une dizaine de kilomètres.


Cette cité avait déjà accueilli des familles déplacées à la suite des précédents combats dans le groupement Kisimba.


Des habitants de Mindjendje, Mpety et Mera avaient notamment cherché refuge vers Pinga lors des précédentes vagues de violences.


Au début du mois, Radio Okapi avait également fait état de nouveaux déplacements provoqués par les combats dans plusieurs zones de Masisi et Walikale, illustrant la vulnérabilité des populations vivant à proximité des lignes de front.


Les précédents affrontements avaient déjà entraîné des mouvements de population dans plusieurs villages de Walikale.


Aucun bilan disponible


Au moment de la rédaction, aucun bilan humain ou matériel vérifié n’était disponible concernant les affrontements de ce samedi.


Les autorités militaires et administratives n’avaient pas non plus communiqué officiellement sur les pertes éventuelles ni sur l’évolution précise des positions de chaque camp.


Dans ces conditions, toute affirmation sur le nombre de morts, de blessés ou sur une éventuelle prise de Kazumba, Kasumba ou Tchad resterait prématurée.


La même prudence s’impose concernant Mindjendje : aucune source suffisamment établie ne permettait samedi après-midi d’affirmer que la localité avait changé de contrôle à la suite de cette nouvelle séquence d’affrontements.


Deux fronts sous tension entre Walikale et Masisi


La reprise des hostilités dans le groupement Kisimba intervient alors que des combats sont également signalés plus au sud, dans le territoire voisin de Masisi.


Remeka et plusieurs positions des environs de Ngungu ont connu ces derniers jours de nouvelles offensives et contre-offensives entre l’AFC/M23, les FARDC et les Wazalendo.


Ces différents affrontements montrent que la ligne de confrontation ne se limite pas à une seule localité. Elle s’étend sur plusieurs secteurs à cheval entre Masisi et Walikale, avec des positions susceptibles de changer rapidement de contrôle.


Il reste cependant difficile d’établir à partir de ces combats locaux une progression générale et continue de l’un ou l’autre camp.


Les civils face à une nouvelle période d’incertitude


Pour les habitants de Kisimba, la principale conséquence de cette reprise est le retour de l’incertitude.


Lorsque les combats s’interrompent, certaines familles tentent de regagner leurs villages, leurs champs ou leurs activités. Mais chaque nouvelle offensive peut provoquer un nouveau départ, parfois quelques jours seulement après un premier retour.


Ces déplacements successifs fragilisent les ménages, perturbent les activités agricoles et commerciales et compliquent l’accès aux écoles et aux structures de santé.


Dans l’immédiat, l’évolution des combats autour de Kazumba, Kasumba et Tchad devra donc être suivie autant sous l’angle militaire qu’humanitaire.


Un front où aucun acquis ne paraît encore durable


L’histoire récente de Mindjendje résume la situation : occupée, reprise puis de nouveau entourée de combats en l’espace de quelques semaines, la zone reste soumise à une forte instabilité.


La reprise des affrontements du 26 septembre ne permet pas encore de conclure à une nouvelle modification importante de la carte du front. Elle confirme en revanche que les positions autour de Mindjendje restent contestées.


Les prochaines heures permettront de savoir si les affrontements resteront concentrés sur les trois hauteurs ou s’ils s’étendront vers d’autres localités du groupement Kisimba.


Pour les populations installées entre Mindjendje et Pinga, l’enjeu immédiat reste surtout d’éviter qu’une nouvelle bataille prolongée ne provoque une nouvelle vague de déplacements dans une zone déjà durement affectée par les combats de septembre.