Le rapport de forces a de nouveau évolué autour de Mindjendje, dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu. Après les violents affrontements enregistrés durant le week-end, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, ont récupéré plusieurs positions jusque-là disputées avec l’AFC/M23.


Ce lundi 28 septembre 2026, un calme précaire était observé sur cette ligne de front située dans la localité de Banakindi, groupement Kisimba, selon plusieurs sources locales citées par Actualite.cd.


La situation reste néanmoins très évolutive. Depuis le début du mois de septembre, plusieurs localités et hauteurs de cette zone ont changé de contrôle au rythme des offensives et contre-offensives des deux camps.


À retenir : les forces gouvernementales ont regagné du terrain autour de Mindjendje après les combats du week-end, mais aucune stabilisation durable de la ligne de front ne peut encore être considérée comme acquise.


Des combats relancés durant le week-end


Les affrontements avaient repris samedi 26 septembre sur plusieurs positions autour de Mindjendje après près de deux semaines d’accalmie relative.


Les combats opposaient les FARDC et leurs alliés Wazalendo aux éléments de l’AFC/M23 autour des hauteurs de Kazumba, Kasumba et Tchad, régulièrement disputées dans cette partie du groupement Kisimba.


Des détonations d’armes lourdes et légères avaient alors été entendues jusqu’à Pinga, située à une dizaine de kilomètres de certaines zones de confrontation.


Aucun bilan consolidé des pertes dans les deux camps n’a encore été communiqué de manière indépendante.


Plusieurs positions récupérées


À l’issue de cette nouvelle séquence d’affrontements, les forces gouvernementales auraient réussi à reprendre plusieurs positions situées autour de Mindjendje.


Les informations disponibles lundi matin ne permettent toutefois pas d’établir avec suffisamment de précision la liste complète des positions reprises ni la configuration définitive de la ligne de front.


Dans une zone où les contrôles territoriaux peuvent évoluer en quelques heures, cette prudence reste essentielle.


Le précédent le plus récent l’illustre : Mindjendje elle-même avait été occupée par l’AFC/M23 le 10 septembre avant d’être reprise quelques jours plus tard par les FARDC et les Wazalendo.


Mindjendje, une position disputée à répétition


Mindjendje se trouve dans une zone charnière entre les territoires de Walikale et de Masisi.


Ces dernières semaines, les combats se sont étendus entre Mindjendje, Luola, Mpety, Chanjikiro, Buhimba et plusieurs collines environnantes.


Le 15 septembre, les forces gouvernementales avaient déjà annoncé la reprise de Mindjendje après plusieurs heures d’affrontements. Les combattants de l’AFC/M23 s’étaient alors retirés en direction de Malemo, dans le territoire voisin de Masisi.


Cette reprise n’avait cependant pas mis fin aux combats. Dès les jours suivants, des mouvements de renforts et de nouveaux accrochages avaient été signalés dans le secteur.


Les hauteurs autour de la localité restent déterminantes


Les combats autour de Mindjendje se concentrent régulièrement sur plusieurs collines qui permettent de surveiller les axes de déplacement et les localités environnantes.


Les hauteurs de Kasumba, Kazumba et Tchad ont ainsi été citées à plusieurs reprises parmi les principaux points de confrontation au cours du mois de septembre.


Leur importance tient notamment au relief du groupement Kisimba. Contrôler une hauteur peut faciliter l’observation des mouvements adverses et la défense des positions situées en contrebas.


Il serait toutefois excessif de présenter la prise d’une ou plusieurs collines comme équivalant automatiquement au contrôle de tout le secteur. Les lignes restent fragmentées et les forces présentes peuvent continuer à opérer à proximité.


Pinga reste attentive à l’évolution du front


L’évolution des combats est particulièrement suivie à Pinga.


Cette agglomération a accueilli ces dernières semaines plusieurs familles ayant fui Mindjendje, Mpety et d’autres villages affectés par les affrontements.


La progression d’un camp ou de l’autre sur les hauteurs environnantes influence directement le niveau d’inquiétude des habitants et les mouvements de population.


Radio Okapi faisait déjà état au début du mois de nouvelles vagues de déplacés provoquées par l’intensification des combats entre l’AFC/M23, les FARDC et les Wazalendo dans les territoires de Masisi et Walikale.


Une accalmie qui ne signifie pas la fin des hostilités


Le calme signalé lundi autour de Mindjendje reste qualifié de précaire.


La diminution des tirs peut correspondre à une phase de repositionnement des combattants, à une consolidation des positions ou à une interruption temporaire des opérations.


Les événements des dernières semaines montrent que les périodes d’accalmie ont souvent été suivies de nouvelles offensives.


Les mouvements de troupes en provenance notamment de Malemo, Ihula et d’autres positions de la zone sont donc particulièrement surveillés par les acteurs locaux.


Les civils restent les premiers exposés


Au-delà de l’évolution militaire, les affrontements continuent de peser sur les populations.


Les familles qui quittent leurs villages lors des combats tentent parfois de rentrer dès qu’une accalmie est annoncée. Mais la rapidité avec laquelle les hostilités reprennent entraîne des déplacements répétés.


Cette instabilité perturbe les activités agricoles, le commerce local, la scolarité et l’accès aux soins.


Les populations déplacées accueillies notamment autour de Pinga et dans d’autres localités vivent également dans des conditions difficiles, souvent au sein de familles d’accueil déjà vulnérables.


Pas encore de bilan consolidé


Aucun bilan indépendant et consolidé des affrontements du week-end n’était disponible lundi.


Les éventuelles pertes humaines dans les rangs des FARDC, des Wazalendo et de l’AFC/M23 ne peuvent donc être établies avec certitude.


Il en va de même pour les dégâts matériels et les conséquences précises sur les populations civiles des villages situés directement sur la ligne de front.


Dans ce contexte, les chiffres communiqués par l’une ou l’autre des parties devront être considérés avec prudence tant qu’ils n’auront pas été recoupés.


Un front qui reste loin d’être stabilisé


La reprise de plusieurs positions par les forces gouvernementales constitue un changement supplémentaire dans la configuration militaire autour de Mindjendje, mais elle ne signifie pas que la zone est désormais stabilisée.


Depuis plusieurs semaines, les positions changent de mains au gré des offensives. Le contrôle annoncé un jour peut être contesté quelques heures ou quelques jours plus tard.


L’enjeu immédiat pour les FARDC et les Wazalendo sera donc de consolider les positions récupérées et d’empêcher une nouvelle contre-offensive.


Pour l’AFC/M23, la proximité de plusieurs positions tenues dans les secteurs voisins maintient la possibilité de nouvelles attaques.


Pour les habitants, l’évolution militaire sera surtout jugée à sa capacité à produire une accalmie suffisamment durable pour permettre le retour dans les villages et la reprise normale des activités.